La question et le coût du désengagement ou autre bore-out font partie des nombreux challenges de l’entreprise, surtout pour les managers et DRH. Mais avec le confinement, l’ennui, le désarroi et la démotivation se sont invités chez nous, et pourraient bien entraver la relance pourtant vitale de nos activités. À l’approche d’un déconfinement aussi attendu qu’incertain, les entreprises ont plus que jamais besoin d’équipes engagées et enthousiastes pour jeter leurs forces dans la bataille de la reprise. Voici un protocole pour prévenir ennui, lassitude, désengagement ou démotivation … au travail.

Tous les ennuis ne se valent pas

Il y a ennui et ennui. Le premier, l’ennui sain, nous oblige à nous remettre en question ou nous rend plus créatifs après l’avoir éprouvé un temps… c’est celui que nous vantons à nos enfants quand ils se plaignent de s’ennuyer. Celui-là, on sait qu’il est positif et nécessaire. Nous avons d’ailleurs tous apprécié l’explosion d’ingéniosité et d’humour provoquée par les débuts du confinement sur les réseaux sociaux . Cet ennui-là n’est pas toxique, car on a la possibilité de le transcender.

Cependant, les choses se corsent lorsque nous sommes « prisonniers » d’une situation qui génère l’ennui : la lassitude du confinement, un travail qui ne nous convient pas, le désarroi face à une situation sur laquelle nous n’avons aucune prise…

Des chiffres qui interpellent sur l’ennui au travail

En février 2019, 63% des Français affirmaient s’ennuyer au travail et 45% vivaient cela mal (étude Qapa). C’est deux fois plus qu’en 2016.

Or, selon une étude Gallup de 2017 (qui estimait à 90% le nombre d’employés désengagés au travail), les entreprises qui ont le meilleur taux d’engagement des salariés sont aussi 17% plus productives et 21% plus rentables que les autres. Voilà qui invite managers et RH à ne pas prendre le sujet à la légère : l’ennui est un ennemi pernicieux en entreprise.

D’autant plus que la crise actuelle nous a tous secoués, et pour certains, durement touchés. Si le déconfinement est très attendu, les entreprises, notamment en zone rouge, pourraient avoir du mal à garder intactes la motivation et la belle énergie dont ont su faire preuve leurs collaborateurs depuis deux mois. Il est indispensable de se mobiliser pour préserver leur engagement afin de maintenir, voire booster, leur productivité, et avec elle l’augmentation des bénéfices de l’entreprise. Cette démarche commence par une observation attentive des uns et des autres.

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1. Phase d’incubation de l’ennui : repérer les symptômes

Après deux mois de confinement et avec un déconfinement conditionnel qui en angoisse plus d’un, certains collaborateurs s’essoufflent et c’est bien normal. Le tout est de rester vigilant. Voici quelques pistes pour identifier des signes de lassitude chez un collègue :

  • Baisse de la ponctualité ;
  • Propos négatifs, pessimisme ;
  • Réticence à se lancer dans un nouveau projet ;
  • Baisse de la prise de parole en réunion ;
  • Baisse générale de productivité et difficultés de concentration.

Au-delà d’un rappel à l’ordre bienveillant afin de parer à un décrochage total, il convient surtout de s’interroger sur la raison des attitudes ci-dessus. Autrement dit, chercher les causes de cet ennui manifeste.

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2. Recherche du patient 0 : identifier les causes possibles

En dehors du confinement et du déconfinement, les trois causes majeures qui présideraient à l’ennui au travail seraient :

  • La nature du travail ;
  • Les relations aux collègues ;
  • Le salaire.

Et il est vrai que le contexte actuel jette une lumière crue sur un éventuel manque de sens du travail, que les relations digitalisées avec les collègues sont souvent laborieuses (voire épuisantes), et que les préoccupations financières pèsent lourd sur le moral.

Il revient alors au manager ou au collègue bienveillant de tenter d’analyser la situation de celui qui semble mois impliqué. Serait-ce : 

  • Une perte de sens liée à un manque de communication sur les choix de la direction ?
  • Une perte de sens liée à la difficulté à se projeter dans l’avenir ?
  • Une lassitude en raison de problèmes de communication liés au télétravail en confinement : outils de communications en ligne mal maîtrisés, mauvais débit internet, malentendus à répétition ?
  • Des problèmes personnels ?
  • Une fatigue intellectuelle (oui, on peut s’ennuyer tout en étant surmené !) : trop de réunions, trop de reportings ?
  • Stress intense causé par des performances en berne, une dégringolade des ventes… ?

3. Les gestes barrières : prévenir l’ennui pour guérir

Une fois les causes identifiées, ouvrir le dialogue permet de proposer des solutions. Mais s’il est relativement facile de remédier à un manque de communication sur les choix de l’entreprise, il sera plus complexe d’aider celui qui rencontre des difficultés d’ordre personnel.

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Que faire alors ? Ne pas lâcher ! Tenir le collaborateur à l’œil, lui faire sentir qu’on est là, que l’on se préoccupe de lui, et l’inviter à établir une routine positive pour raffermir sa motivation. Par exemple :

  • Lui proposer de fixer un planning hebdomadaire (et s’y tenir…) ;
  • Insister sur les rituels (on ne travaille pas le week-end ni en soirée) ;
  • Inviter avec délicatesse à respecter les horaires (on continue de se lever le matin) ;
  • Fixer des délais pour les rendus ;
  • Proposer de se parler cinq minutes à la fin de chaque journée ;
  • Préférer les réunions en visioconférence plutôt qu’en audio seul pour l’inciter à prendre soin de soi (au moins sur la partie visible) : on s’habille, on se coiffe ou on se rase… ;
  • Recentrer la personne sur sa valeur ajoutée, évoquer ses compétences/talents, et vous interroger : quelles autres responsabilités pourriez-vous lui confier ?

4. Protocole de soin contre l’ennui : agir

Ensuite, il faut affronter le confinement-déconfinement : oui, c’est long, non, on n’est pas tirés d’affaire. Mais cela n’interdit pas de faire des projets, de rester optimiste, de se projeter dans l’après, qu’il convient de préparer malgré tout. Plus que jamais, votre entreprise a besoin de toute l’énergie et de toute la créativité de vos talents pour rebondir : faites-le savoir à votre collaborateur décrocheur !

Alors comment réengager au travail et prévenir la lassitude ?

  • Prendre rendez-vous avec un avenir plus plaisant en programmant des team buildings, en proposant de nouveaux process, en suggérant de nouveaux usages au travail, etc.
  • Saisir l’opportunité de la reprise pour renouer le dialogue : aimerais-tu faire plus de télétravail désormais ? Quelles leçons retires-tu de cette période de confinement ?
  • Proposer un réaliser un bilan de compétences et faire le point ensemble sur les formations envisageables.
  • Lancer de nouveaux projets pour l’entreprise, pourquoi pas sous forme de consultation interne : quelles nouvelles idées avez-vous envie de voir se concrétiser ?

Et surtout communiquer, communiquer, et encore communiquer, afin de rassurer et valoriser les collaborateurs embarqués dans l’aventure.

Face aux défis actuels, l’ennui pourrait sembler un problème bien secondaire : ne commettez pas cette erreur. Si le déconfinement est très attendu, il n’en reste pas moins une légitime source d’appréhension. Transports, achats, enfants, distanciation… le quotidien promet d’être compliqué pour de longues semaines encore, ce qui fatigue tout le monde par avance. Les plus pessimistes pensent que le déconfinement fera long feu, d’autres ont envie d’enchaîner directement sur les grandes vacances, certains demandent à rester en chômage partiel tandis que les entrepreneurs se battent pour survivre : chaque réaction est légitime. Interdit de juger.

Mais « dehors et demain » sont là, qui nous attendent : ne laissons pas le désarroi miner notre vie professionnelle ou personnelle. Il y a tant à faire : l’ennui n’a pas sa place ici !

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