La crise inédite provoquée par le Covid-19 a remis sous les feux de la rampe un phénomène aussi viral que préoccupant : l’abondance de fake news, infox et autres intox dans la langue de Voltaire, qui fleurissent sur nos fils d’actualité, nos messageries instantanées et boîtes e-mail. Comment les détecter et stopper leur propagation ? Mode d’emploi anti infox.

Depuis le début de l’épidémie de Coronavirus, nous recevons tous une effarante quantité d’informations sur le virus, relayées à tout va par certains contacts professionnels et personnels, qui ont le partage plus rapide que la vérification. Mais il est vrai que certaines informations ressemblent à des vraies, et que nous sommes tenté.e.s de les partager nous aussi, par souci d’informer, montrer que l’on suit de près de ce qui se passe, manifester notre indignation ou notre soutien. Comment s’assurer de le faire à bon escient et ne pas nuire à sa crédibilité en partageant des informations peu fiables ?

1 – Réflexe anti infox 1 : vérifier la source 

D’où provient l’article ou l’information ? Qui signe l’article ou le post ? Si la source ou l’auteur ne sont pas clairement identifiés, méfiance. S’il s’agit d’une information anonyme transmise pour informer la population, méfiance. Si le site qui héberge l’information n’est pas un site gouvernemental ou le site d’un média grand public soumis à des règles de déontologie et de vérification : méfiance. Si le titre invite à « partager le plus largement possible », mentionne « une information qu’on vous cache », et joue des hyperboles pour attirer l’attention : méfiance !!!

En période de crise, privilégiez les sources d’informations officielles. Pour vous informer sur le Covid-19, rendez-vous sur les sites du gouvernement et de l’OMS. Pour vous informer sur le confinement, direction le site de la Police Nationale et du Ministère de l’Intérieur. L’information reçue n’y figure pas ? Elle doit être prise avec des pincettes. 

2 – Réflexe anti intox 2 : faire parler les images

Certains n’hésitent pas à sortir des photos ou des vidéos de leur contexte initial pour crédibiliser leur fake news. C’est comme cela que depuis le 23 mars, une vidéo « en direct » (ça fait un long direct, n’est-ce pas ?) montrant un supermarché pillé par des Mexicains soi-disant paniqués par le Covid-19 tourne en boucle sur les réseaux sociaux. La vidéo date en réalité de 2017, dans le cadre de manifestations contre la hausse du prix de l’essence.

La recherche inversée, arme fatale contre les fake news photo

Premier réflexe à avoir si vous recevez une information accompagnée d’une image : enregistrez l’image et copiez-collez là dans la barre de recherches de Google Images. Le moteur de recherche identifie alors toutes les occurrences existantes, ce qui vous permettra de vérifier sa date de publication réelle, et les différents contextes dans lesquels elle apparaît.

Mode d’emploi détaillé ici. Les outils TinEye ou les extension Chrome RevEye Reverse Image Search ou Fast Image Research, proposent le même service gratuit pour endiguer les intox.

Youtube Data Viewer contre la désinformation en vidéo

Pour vérifier l’authenticité d’une vidéo Youtube, le Youtube Data viewer créé par Amnesty International sera votre meilleur allié. Vous entrez l’adresse Youtube de la vidéo, et vous obtenez illico la date et l’heure de sa mise en ligne. En bonus, l’outil découpe la vidéo en vignettes vous permettant de faire une recherche d’images inversée sur Google, ce qui vous permet de vérifier si la vidéo n’a pas été remise en ligne avec un nouveau titre.

Sur Facebook, étudiez soigneusement les informations entourant la vidéo : « en direct » sur Facebook ne veut pas toujours dire « en temps réel ». Si un internaute filme son écran d’ordinateur et le partage, « en direct » s’affichera alors qu’il filme une vidéo déjà enregistrée. Ouvrez grands vos yeux !

3 – Réflexe anti infox 3 : pratiquer le fact checking sans modération

Pour lutter contre la désinformation et les fake news, les médias se mobilisent avec des plateformes qui recensent les infox en circulation. La plupart proposent une rubrique dédiée au Coronavirus.

Les correspondants de l’AFP se mobilisent pour vous apporter une information fiable avec Factuel. Sondages truqués, vidéos virales suspectes, photo détournée, chiffres biaisés… toutes les fausses informations et intox sont traquées et décortiquées.

Les journalistes du service public (Radio France, France TV, Arte, l’INA, France Médias Monde, TV5 Monde) alimentent la plateforme Vrai ou Fake. Ils y passent au crible toutes les informations reçues, avant de les diffuser sur les antennes radio, TV et numérique.

La rédaction de France 24 pratique une veille assidue sur Les Observateurs. Tweets, photos, vidéos, interviews… vous y trouverez une belle revue des pires infox du moment.

Le Décodex, outil pédagogique proposé par Le Monde, est une base de données qui référence des centaines de sites. Vous copiez l’URL d’un site dans le moteur de recherche, et Décodex vous indique sa fiabilité à l’aide d’un code couleur. Pratique, l’outil vous propose aussi une extension à installer sur votre navigateur (Chrome ou Firefox), qui vous indique si le site sur lequel vous naviguez est une source fiable ou pas.

4 – Réflexe anti désinformation 4 : signaler et poser des questions pour limiter la propagation des fake news

Les journalistes sont en première ligne dans la lutte contre la désinformation et les intox. France Info met à votre disposition Le Live, une plateforme où vous pouvez poser vos questions et signaler des informations suspectes. La rédaction de Libération vous propose Check News, un moteur de recherche interactif qui répond à vos questions et permet aussi de signaler une éventuelle infox. Après enquête, les journalistes vous répondent directement dans le fil.

Sur Facebook et Instagram, utilisez la fonction « Signaler… » en cliquant en haut à droite des publications douteuses. Après vérification par un panel de médias fact checkeurs, si la crédibilité de l’information est mise en doute, le réseau limite sa visibilité dans les flux d’actualité et affiche un message d’alerte lorsqu’un internaute s’apprêtera à la publier. Sur Youtube, une équipe procède à des vérifications 24h/24 : utilisez le bouton « Signaler » en haut à droite des publications qui vous semblent trompeuses.

Sur Twitter, le dispositif anti fake news est moins développé, et limité aux fausses informations diffusées en période électorale. N’hésitez pas à alerter les médias via les dispositifs évoqués plus haut pour signaler des tweets douteux en circulation.

5 – Réflexe anti infox 5 : diffuser ces bonnes pratiques auprès de ses collaborateurs

La crise du Covid-19 et l’isolement à domicile révèle certains collaborateurs sous un nouveau jour. Martine de la compta est une adepte du retweet impulsif, Stéphane du marketing dévoile ses convictions complotistes, et Jean-Claude au commercial a la cousine d’une amie de sa femme qui travaille au Ministère de la Santé ? Ces partages d’informations douteuses peuvent à la longue nuire à leur crédibilité s’ils sont relayés sur des réseaux sociaux également utilisés pour un usage professionnel, et contribuent à entretenir un climat anxiogène.

Pour les inviter à s’informer avant de partager :

  • Proposez-leur une activité de team building à distance avec ce super outil développé par l’université de Cambridge et un collectif de journalistes néerlandais, qui vous met dans la peau d’un créateur de fake news afin de décortiquer tous les rouages de la désinformation et s’immuniser contre les infox.
  • Envoyez-leur cette vidéo à visée pédagogique : Comment créer une fake news en deux minutes, qui montre de manière édifiante (et assez effarante !) à quel point raconter n’importe quoi est un jeu d’enfant.
  • Donnez-leur des exemples d’infox glanées sur Factuel ou Les Observateurs : il y a quelques perles qui valent le détour.
  • Utilisez les commentaires des posts douteux pour diffuser les rectificatifs proposés par les plateformes de fact checking.  

En période de crise, chacun a un rôle à jouer pour lutter contre les informations anxiogènes et valoriser le travail de fourmi des journalistes. Un internaute averti en valant dix, partagez le plus largement possible ces bonnes pratiques, y compris auprès des seniors qui, d’après une étude américaine, diffusent… sept fois plus d’infox que les autres internautes ! (ceci n’est pas une fake news, promis !)

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