Cocorico ! Selon EcoVadis1, la France figure parmi les cinq pays les plus avancés au monde en matière d’engagement RSE des entreprises. Si les grands groupes et les ETI progressent, les PME et les TPE restent toutefois plus en retrait. Pourtant, formaliser une démarche de responsabilité sociétale n’est pas réservé aux grandes organisations. On vous explique pourquoi et comment élaborer une charte RSE pour encadrer votre activité, et on vous guide dans l’utilisation de ce passeport pour l’avenir.
Aujourd’hui, les entreprises ne sont plus seulement jugées sur leurs performances financières. Consommateurs, investisseurs et employés scrutent aussi leur impact sociétal et environnemental. Dans ce contexte, la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) est devenue un enjeu majeur, à la fois en termes d’image mais aussi de business. Une étude menée par EcoVadis et Bain & Company (2023) montre que les entreprises les plus avancées en matière de développement durable affichent en trois ans une croissance de CA de +5% et des marges de + 6% par rapport à celles qui sont en retard. Voilà qui invite à se pencher sur la question, et plutôt deux fois qu’une.
Au cœur de cette démarche, la charte RSE constitue un outil précieux pour formaliser les engagements d'une organisation et les communiquer à l'ensemble de ses parties prenantes.
Définition d’une charte RSE
Une charte RSE est un document qui définit les valeurs, les principes et les objectifs d'une entreprise en matière de développement durable. Il exprime la volonté de l'organisation de contribuer à un monde plus juste et plus respectueux de l'environnement, tout en assurant sa pérennité économique. Par principe, les ambitions de l’entreprise doivent dépasser la législation en vigueur.
Ce document formel de 10 à 15 pages est en général élaboré en interne, et doit rester plutôt concis. L’entreprise choisit ensuite de le partager uniquement à ses collaborateurs, ou de le rendre accessible à toutes ses parties prenantes via son site web, par exemple. Une charte RSE peut être mise à jour régulièrement en fonction des avancées de l’entreprise sur ses différents leviers d’action.
Qui rédige et qui signe la charte RSE ?
Dans les grands groupes, elle sera élaborée par l’équipe en charge de la RSE, en impliquant l’ensemble des départements de l’entreprise, parfois avec le concours de consultants externes. Dans les ETI et les PME, elle reste souvent l’œuvre du dirigeant ou d’un membre du comité de direction chargé de piloter la stratégie RSE. Ces entreprises peuvent aussi faire appel à des cabinets experts en RSE pour les accompagner.
La direction générale, la présidence ou le dirigeant de l’entreprise signe ce document. Cette signature confirme que la démarche ne repose pas uniquement sur l’équipe RSE ou les ressources humaines. Les membres du comité de direction ou les responsables des principales entités peuvent aussi en être signataires. Leur participation rend concret le caractère transversal de la démarche et leur responsabilité dans sa mise en œuvre.
À quoi sert une charte RSE ?
La charte RSE a vocation à guider les prises de décision dans tous les départements de l'entreprise et ses filiales, si elle en a. Voici des exemples, non exhaustifs, des sphères dans lesquelles elle s’impose comme cadre de référence.
- Achats responsables
- Conception de nouveaux produits et services
- Relations investisseurs et parties prenantes
- Communication interne et externe
- Éthique des affaires et transparence
- RH et marque employeur
Les 3 piliers d’une charte RSE
La RSE repose sur trois piliers interdépendants : l'environnemental, le social/sociétal et l'économique. Chacun contribue à la performance globale de l'entreprise et à son impact sur la société. Ils offrent une structure simple et lisible pour organiser votre charte.
Le pilier environnemental
Il englobe les pratiques visant à réduire l’empreinte écologique de l’organisation, telles que :
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre. En favorisant les énergies renouvelables, en optimisant leurs consommations énergétiques, en adoptant des pratiques d’éco-conception, en réduisant les déplacements de leurs employés, etc.
- Gestion des déchets : Le tri sélectif, le recyclage et la valorisation des déchets sont essentiels. Ils s’intègrent dans des logiques d’économie circulaire vers lesquelles les entreprises doivent tendre dans un monde aux ressources limitées.
- Préservation de la biodiversité : Les entreprises peuvent s'engager à protéger les écosystèmes en réduisant leurs impacts sur les sols, l'eau, la qualité de l’air et la biodiversité.
- Achats responsables : Privilégier des fournisseurs locaux et les produits éco-conçus contribue à réduire l'empreinte carbone liée à la chaîne d'approvisionnement. Cela crée un écosystème plus vertueux dans lequel tous les acteurs poursuivent un but commun.
Le pilier social et sociétal
Il concerne les relations de l'entreprise avec ses employés, ses clients et ses fournisseurs, mais aussi la société dans son ensemble. Il se traduit par :
- Des conditions de travail équitables : Les entreprises doivent garantir des salaires décents, des horaires de travail raisonnables et des conditions de travail sûres pour l’ensemble des employés de leur chaîne de valeur.
- Diversité et inclusion : Favoriser la diversité au sein de l'entreprise, en termes de genre, d'origine, d'âge ou de handicap, permet de bénéficier d'un vivier de talents plus large et d'une plus grande créativité.
À lire aussi :
- Société : Les entreprises peuvent soutenir des causes sociales via des dons, du parrainage de projets ou du mécénat de compétences.
- Respect des droits de l'homme : Les organisations doivent s'assurer qu’aucune branche de leur activité ne porte atteinte aux droits de l'homme, tant au sein de l'entreprise qu'au sein de sa chaîne d'approvisionnement.
La norme internationale ISO 26000 propose un cadre de référence en matière d’engagements sociaux pour les entreprises, et recense des idées à mettre en place pour progresser.
Le pilier économique
En RSE, il concerne la performance financière de l'entreprise et sa capacité à concilier sa pérennité économique avec les enjeux sociaux et environnementaux.
Développer des produits et services durables
En répondant aux attentes des consommateurs en matière de responsabilité sociale, les entreprises se différencient de leurs concurrents. L’entreprise française CAMIF a par exemple lancé un service de location longue durée de mobilier de chambre de bébés et d’enfants, afin de privilégier le réemploi plutôt que l’achat.
Investir dans l'innovation
L'innovation est un levier essentiel pour développer de nouvelles solutions durables et améliorer la performance environnementale et sociale de l'entreprise.
Transformer la gouvernance d'entreprise
Une gouvernance transparente est essentielle pour renforcer la confiance des parties prenantes. La charte RSE peut prévoir un comité transversal dédié à la RSE, intégré aux instances de direction et associé à la stratégie globale de l’entreprise.
Ça va, tout le monde suit, y compris au fond de la classe ? Alors continuons avec les étapes concrètes d’élaboration d’une charte RSE.
6 étapes pour élaborer sa charte RSE d’entreprise
Élaborer ce document ne s’improvise pas. Le processus nécessite une réflexion approfondie sur les pratiques de l’entreprise et celles qu’elle est prête à mettre en place.
1. Poser un diagnostic RSE
Il permet d'identifier les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces liées à la démarche RSE de l’entreprise… et ses éventuels trous dans la raquette. Personne n’est parfait, mais c’est toujours mieux de l’admettre afin de réfléchir au meilleur moyen d’y remédier ! Rédigé, le document doit tenir entre 20 et 30 pages pour rester digeste.
Ce diagnostic s’appuie sur des outils comme :
- Un bilan carbone,
- Une analyse du cycle de vie des produits,
- Des enquêtes et entretiens qualitatifs menés auprès des salariés, des clients et des fournisseurs, sur leur perception de la politique RSE de l’entreprise.
- L’agrégation des données concernant la RSE sur une année complète (la partie la plus chronophage…)
Prévoyez de nommer un pilote pour assurer le bon déroulé de cette étape.
2. Définir des enjeux prioritaires
À partir du diagnostic, il faut désormais définir les priorités RSE pour l'entreprise. Pour cela, il convient de croiser les attentes des parties prenantes (clients, salariés, investisseurs, etc.) avec les impacts les plus significatifs de l'activité de l'entreprise. Cela détermine les domaines d'action sur lesquels concentrer les efforts pour obtenir un maximum d’impacts. Ces enjeux doivent ensuite être validés avec le comité de direction.
Comment définir des enjeux pertinents ?
- Réaliser une cartographie qui recense les parties prenantes de l'entreprise ;
- Exploiter la matière obtenue lors des consultations auprès des parties prenantes pour affiner la réflexion ;
- Établir une matrice de matérialité. Une quoi ? Cet outil permet de visualiser les enjeux de durabilité les plus pertinents pour l’entreprise et ses parties prenantes. La matrice se présente sous forme d’un graphique. L’axe vertical représente les des plus importants pour les parties prenantes, tandis que l’horizontal évalue leur impact sur le modèle économique de l’entreprise.
3. Formuler ses engagements RSE
C’est-à-dire les actions que l'entreprise s'engage à mettre en œuvre pour améliorer sa performance sociale et environnementale. Elles doivent être :
- Concrètes, portantsur des faits et non des intentions.
- Mesurables, avecdes indicateurs de performance pour suivre l'avancement des actions.
- Atteignables et réalistes : Les actions doivent être en adéquation avec la maturité de l’organisation, et ses ressources humaines et financières.
- Définies dans le temps : Chaque engagement doit être associé à un calendrier précis, et à un délai donné qui doit être respecté.
4. Mettre en œuvre la charte RSE
La mise en œuvre nécessite une mobilisation de l'ensemble des services de l'entreprise. Sa réussite passe par une définition claire des rôles et responsabilités de chacun, et les ressources nécessaires.
5. Communiquer autour de la charte RSE
La mise en valeur interne et externe de votre charte RSE est indispensable. Vous suscitez ainsi de l’adhésion et démontrez votre volonté d’agir. Voici quelques idées pour mettre en avant l’adoption de votre charte RSE :
- Réaliser une mise en page attractive de votre charte RSE ;
- Prévoir un plan de communication interne pour le lancement de la charte. Mailing, intranet, affichage, vidéo des membres de l’équipe RSE qui ont contribué à son élaboration, etc. À vous d’ajuster selon votre budget ! Cette étape est importante pour susciter l’adhésion des salariés.
- Prévoir un plan de communication externe : post sur les réseaux sociaux, news sur le site Internet, mise en ligne de la charte RSE si elle ne contient pas d’éléments confidentiels liés à votre activité, etc.
- Créer une infographie qui résume les points essentiels de votre charte RSE. Ce document pourra être envoyé à vos parties prenantes.
- Planifier un événement de lancement interne afin de présenter la charte aux équipes. Pour marquer le coup, cet événement peut être organisé à l’extérieur, dans un lieu inspirant et bien desservi. Vous pourrez vous appuyer sur l’expertise du prestataire pour concevoir un buffet et des animations conformes à votre politique RSE.
6. Suivre et évaluer
L'évaluation de la performance RSE est indispensable pour mesurer les progrès réalisés et ajuster la trajectoire. Parmi les outils de reporting, citons le rapport RSE annuel. II présente de manière synthétique les engagements, les actions mises en œuvre et les résultats obtenus. Vous ne savez pas par où commencer ? L’organisme international GRI (Global Reporting Initiative) a élaboré des lignes directrices pour la rédaction de rapports de durabilité. Chaque progrès doit être communiqué aux salariés… Tout comme d’éventuels retards ou obstacles imprévus ! La transparence est clé en matière de RSE.
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Sur quels outils et référentiels s’appuyer pour l’élaboration et le suivi ?
Il existe de très nombreux labels, certifications et normes. En s'appuyant sur ces ressources, les entreprises mesurent leur progrès, améliorent leur performance et renforcent leur crédibilité auprès de leurs parties prenantes. Voici une liste non exhaustive de ceux qui s’avèrent pertinents pour un maximum de secteurs.
Les normes internationales
ISO 26000
Il s'agit de la norme internationale de référence en matière de responsabilité sociale. Déjà évoquée plus haut, elle fournit des lignes directrices volontaires. Elle aide les organisations de toutes tailles et de tous secteurs à intégrer les préoccupations sociales dans leurs activités.
Global Compact
Initié par les Nations Unies, le Global Compact est un pacte mondial. Il invite les entreprises à adopter dix principes universels relatifs aux droits de l'homme, au travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption.
ISO 14001
Cette norme spécifie les exigences pour un système de management environnemental. Elle aide les organisations à maîtriser leurs impacts environnementaux.
ISO 45001
Cette norme établit les exigences pour un système de management de la santé et de la sécurité au travail. Elle vise à prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Les labels
Parmi les plus connus et reconnus, on peut citer :
Label Lucie
Ce label français récompense les entreprises qui mettent en œuvre une démarche RSE exemplaire.
Label B CorpTM
Ce label international certifie les entreprises qui répondent à des critères sociaux et environnementaux très rigoureux. B CorpTM concerne tous les scopes de l’entreprise, et propose un référentiel mondial. Il inscrit les organisations dans une démarche d’amélioration continue. Pour renouveler sa certification tous les trois ans, l’entreprise doit montrer qu’elle a progressé sur les items mesurés.
Engagé RSE
Ce label, délivré par AFNOR Certification, est un référentiel généraliste qui évalue la maturité de la démarche RSE d'une organisation. Engagé RSE est particulièrement adapté aux PME.
EcoVadis
Il s’agit ici d'une plateforme de notation qui évalue la performance RSE. EcoVadis note l’entreprise sur des critères sociaux, environnementaux et éthiques.
Positive Company
Ce label, délivré par Positive Planet, reconnaît les entreprises qui placent le bien-être de leurs collaborateurs et leur impact positif sur la société au cœur de leur stratégie.
Exemples de chartes RSE : grand groupe, PME et fournisseurs
Après la théorie, place à la pratique. Structure, longueur et niveau de précision d’une charte varient selon la taille de l’organisation, son secteur d’activité, ses principaux impacts et la maturité de sa démarche. Les documents publics fournissent néanmoins des repères utiles pour construire la vôtre, l’adaptant à vos activités, vos ambitions et vos moyens.
Exemple de charte RSE d’une PME : le groupe PTS Dufour
Le groupe de transport et de logistique PTS Dufour propose un exemple très bien structuré. Publié en PDF téléchargeable sur 12 pages, le document rassemble 55 engagements, organisés autour des sept questions centrales de la norme ISO 26000. Elle montre qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’une direction du développement durable pour formaliser sa démarche.
Exemple de charte RSE d’un grand groupe : SERIS
Le groupe SERIS, acteur international de la sécurité et de la sûreté réunissant plus de 30 000 collaborateurs, publie une charte RSE applicable à l’ensemble de ses activités en France. En sept pages, elle illustre une approche résolument synthétique. Le document formalise les engagements sociaux et environnementaux du groupe envers ses collaborateurs, ses clients, ses partenaires et la société. Elle précise aussi son mode de gouvernance RSE.
Exemple de charte RSE fournisseurs : le groupe Bouygues
Ce document ne s’arrête pas aux engagements pris par l’entreprise, mais précise ceux qu’elle attend de ses fournisseurs, sous-traitants et prestataires.
La charte RSE pour fournisseurs publiée par le groupe Bouygues constitue un exemple particulièrement complet. Elle couvre l’éthique, la lutte contre la corruption, les droits humains, les normes du travail, la santé et la sécurité ainsi que la protection de l’environnement. Le document définit précisément son périmètre et les principaux termes employés. Cette étape est importante pour éviter toute ambiguïté sur les fournisseurs et les chaînes de valeur concernés.
Modèle de charte RSE : un plan type à adapter à votre entreprise
Vous cherchez un modèle pour structurer votre propre document ? La trame ci-dessous réunit les informations essentielles, et peut être reprise et adaptée à la taille, au secteur d’activité et aux enjeux de votre entreprise. Attention : un modèle ne dispense pas de réaliser un diagnostic RSE !
1. Le mot de la direction
2. Les valeurs, la vision et le périmètre
3. Les engagements environnementaux
4. Les engagements sociaux et sociétaux
5. Les engagements économiques, éthiques et de gouvernance
6. Les objectifs, les indicateurs et le suivi
7. Les signataires et la date de révision
Charte RSE en PDF ou page en ligne ?
Une charte RSE au format PDF est facile à télécharger, à partager et à joindre à un appel d’offres. Une page publiée sur le site Internet est, quant à elle, plus simple à actualiser, plus accessible et mieux prise en compte par les moteurs de recherche.
L’idéal consiste à combiner les deux : une page qui présente une synthèse et un document PDF téléchargeable permettant de consulter ou de transmettre la charte complète.
L'engagement RSE, un levier de transformation et de pérennité
Vous l’aurez compris, la charte RSE est un véritable outil de transformation pour les entreprises. Intégrer les enjeux sociaux et environnementaux au cœur de leur stratégie les inscrit dans une démarche de développement durable, renforce leur réputation et leur attractivité.
Une charte RSE est un voyage, pas une destination. Elle nécessite une adaptation constante aux nouveaux défis. Avec les bons outils et référentiels, les entreprises peuvent mesurer leurs progrès, améliorer leurs performances et contribuer à bâtir un monde plus durable pour les générations futures.
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Sources :
Définition d’une charte RSE
Mais qu'est-ce qu'une charte RSE exactement ? Ce document définit les valeurs, les principes et les objectifs d'une entreprise en matière de développement durable. Il exprime la volonté de l'organisation de contribuer à un monde plus juste et plus respectueux de l'environnement, tout en assurant sa pérennité économique. Par principe, les engagements RSE de l’entreprise doivent dépasser la législation en vigueur. Ils supposent une volonté d’atteindre un triple résultat : environnemental, social et économique, avec la conviction que ces trois sphères sont essentielles à la performance de l’entreprise, et non opposées.
Ce document formel de 10 à 15 pages est en général élaboré en interne, et doit rester plutôt concis. L’entreprise choisit ensuite de le partager uniquement à ses collaborateurs, ou de le rendre accessible à toutes ses parties prenantes via son site web, par exemple. Une charte RSE n’est pas figée. Elle peut être mise à jour régulièrement en fonction des avancées de l’entreprise sur ses différents leviers d’action (décarbonation, réemploi, inclusion, etc.).
Qui rédige la charte RSE ?
La réponse varie selon la taille de l’entreprise. Dans les grands groupes, la charte RSE sera élaborée par l’équipe en charge de la RSE, en impliquant l’ensemble des départements de l’entreprise, parfois avec le concours de consultants externes.
Dans les ETI et les PME, la charte RSE reste souvent l’œuvre du dirigeant ou d’un membre du comité de direction chargé de piloter la stratégie RSE. Ces entreprises peuvent aussi faire appel à des cabinets experts en RSE pour les accompagner.
À quoi sert une charte RSE ?
Qu’on se le dise, elle ne sert pas qu’à faire joli sur l’intranet de l’entreprise 😊 ! La charte RSE a vocation à guider les prises de décision dans tous les départements de l'entreprise et ses filiales, si elle en a. Voici des exemples, non exhaustifs, des différentes sphères dans lesquelles la charte RSE s’impose comme une référence qui guide les actions des collaborateurs.
Achats
Lors de la sélection d'un fournisseur, les responsables des achats s'appuient sur cette charte pour s'assurer que le fournisseur potentiel respecte les normes éthiques et environnementales conformes à la politique d'achats responsables de l'entreprise.
Conception de produits et services
La charte RSE influence aussi l'élaboration de nouveaux produits ou services. Les départements de recherche et développement ainsi que le marketing la consultent pour garantir que les nouvelles offres respectent les engagements RSE de l'entreprise.
Relations investisseurs et parties prenantes
La charte RSE sert de baromètre dans les critères d'évaluation de la performance de l'entreprise, au même titre que les objectifs de vente et les indicateurs clés de performance.
Communication
La charte RSE enrichit la communication interne et externe. Elle sert de support pour souligner les engagements RSE de l’entreprise envers toutes les parties prenantes.
Éthique des affaires et transparence
La charte RSE encadre certaines pratiques des employés. Elle donne par exemple des directives précises sur la confidentialité des informations client ou la transparence des transactions commerciales. Elle définit des lignes directrices pour la gestion des conflits d'intérêts, comme l'interdiction d'accepter des cadeaux d’une certaine valeur de la part des fournisseurs.
Quels bénéfices pour l’entreprise qui adopte une charte RSE ?
Un atout pour l'image de marque et la réputation
Dans un monde ultra connecté, la réputation d'une entreprise est un atout précieux pour se différencier. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux enjeux du développement durable et aux bonnes pratiques sociales et environnementales. En adoptant une charte RSE, une entreprise démontre son engagement en faveur d'un avenir plus responsable. Elle améliore ainsi son image de marque auprès de ses clients, mais aussi de ses collaborateurs et de ses partenaires. Avec une charte RSE aboutie, l’entreprise se démarque de ses concurrents et affirme son leadership sur ces sujets.
Un levier pour attirer et fidéliser les talents
Une charte RSE solide est devenue un élément important de la marque employeur. Les talents d'aujourd'hui souhaitent s'investir dans des projets porteurs de sens et contribuer à un monde meilleur grâce à leur travail. Une entreprise qui affiche une démarche RSE forte est plus à même d'attirer et de fidéliser les meilleurs profils. Intégrer les préoccupations sociales et environnementales dans la stratégie globale de l’entreprise et sa politique RH contribue à créer un environnement de travail plus inspirant… Et donc plus attractif !
Un moyen de renforcer les relations avec les parties prenantes
Les entreprises sont en interaction constante avec un large éventail de parties prenantes : clients, fournisseurs, investisseurs, employés, collectivités locales, etc. Chacune de ces parties prenantes a des attentes spécifiques en matière de responsabilité sociale et environnementale. En élaborant une charte RSE, une entreprise s'engage à prendre en compte ces attentes et à construire des relations de confiance avec l'ensemble de ses partenaires.
Quels piliers figurent dans une charte RSE ?
La RSE repose sur trois piliers interdépendants : l'environnemental, le social/sociétal et l'économique. Chacun de ces piliers contribue à la performance globale de l'entreprise et à son impact sur la société. La charte RSE doit donc détailler les engagements de l’entreprise pour chaque domaine, et lister ses actions. Si l’entreprise a obtenu des labels ou des certifications, elle les indique dans la partie consacrée au pilier correspondant.
Le pilier environnemental
Le pilier environnemental d’une stratégie RSE vise à réduire l'empreinte écologique de l'entreprise. Il englobe un large éventail de pratiques, telles que :
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre. En favorisant les énergies renouvelables, en optimisant leurs consommations énergétiques, en adoptant des pratiques d’éco-conception, en réduisant les déplacements de leurs employés, etc. les entreprises contribuent à lutter contre le dérèglement climatique.
- Gestion des déchets : Le tri sélectif, le recyclage et la valorisation des déchets sont des actions essentielles pour préserver les ressources naturelles. Cela s’intègre dans des logiques d’économie circulaire vers lesquelles les entreprises doivent tendre de plus en plus dans un monde aux ressources limitées.
- Préservation de la biodiversité : Les entreprises peuvent s'engager à protéger les écosystèmes en réduisant leurs impacts sur les sols, l'eau, la qualité de l’air et la biodiversité.
- Achats responsables : Privilégier des fournisseurs locaux et les produits éco-conçus contribue à réduire l'empreinte carbone liée à la chaîne d'approvisionnement. Cela engage l’entreprise dans un écosystème plus vertueux dans lequel tous les acteurs poursuivent un but commun.
Le pilier social et sociétal
Le pilier social/sociétal de la RSE concerne les relations de l'entreprise avec ses employés, ses clients et ses fournisseurs, mais aussi la société dans son ensemble. Il se traduit par :
- Des conditions de travail équitables : Les entreprises doivent garantir des salaires décents, des horaires de travail raisonnables et des conditions de travail sûres pour l’ensemble des employés de leur chaîne de valeur.
- Diversité et inclusion : Favoriser la diversité au sein de l'entreprise, en termes de genre, d'origine, d'âge ou de handicap, permet de bénéficier d'un vivier de talents plus large et d'une plus grande créativité.
À lire aussi : L’inclusive design, pour concevoir un monde meilleur
- Engagement sociétal : Les entreprises peuvent soutenir des causes sociales via des dons, du parrainage de projets ou du mécénat de compétences.
- Respect des droits de l'homme : Les organisations doivent s'assurer qu’aucune branche de leur activité ne porte atteinte aux droits de l'homme, tant au sein de l'entreprise qu'au sein de sa chaîne d'approvisionnement.
La norme internationale ISO 26000, élaborée par plus de 500 experts du sujet, propose un cadre de référence en matière d’engagements sociaux pour les entreprises. Elle recense des actions à mettre en place pour progresser sur ce sujet.
Le pilier économique
Le pilier économique de la RSE concerne la performance financière de l'entreprise et sa capacité à créer de la valeur à long terme. Il s'agit de concilier sa pérennité économique avec les enjeux sociaux et environnementaux. Les entreprises peuvent notamment :
Développer des produits et services durables
En répondant aux attentes des consommateurs en matière de responsabilité sociale, les entreprises peuvent se différencier de leurs concurrents et renforcer leur position sur le marché. L’entreprise française CAMIF a par exemple lancé un service de location longue durée de mobilier de chambre de bébés et d’enfants, afin de privilégier le réemploi plutôt que l’achat.
Investir dans l'innovation
L'innovation est un levier essentiel pour développer de nouvelles solutions durables et améliorer la performance environnementale et sociale de l'entreprise.
Transformer la gouvernance d'entreprise
Une gouvernance transparente est essentielle pour renforcer la confiance des parties prenantes. La charte RSE peut prévoir un comité transversal dédié à la RSE, intégré aux instances de direction et associé à la stratégie globale de l’entreprise.
Ça va, tout le monde suit, y compris au fond de la classe ? Alors continuons avec les étapes concrètes d’élaboration d’une charte RSE.
5 étapes pour élaborer sa charte RSE d’entreprise
Élaborer une charte RSE ne s’improvise pas. Ce processus nécessite une réflexion approfondie sur les pratiques de l’entreprise et celles qu’elle est prête à mettre en place. Il doit idéalement impliquer plusieurs parties prenantes, via des questionnaires, des consultations et des comités. Voici le détail des différentes étapes.
1. Poser un diagnostic RSE
La première étape consiste à réaliser un diagnostic de la situation de l'entreprise en matière de RSE. Ce diagnostic permet d'identifier les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces liées à la démarche RSE… et ses éventuels trous dans la raquette. Personne n’est parfait, mais c’est toujours mieux de l’admettre afin de réfléchir au meilleur moyen d’y remédier !
Ce diagnostic peut s'appuyer sur des outils comme :
- un bilan carbone,
- une analyse du cycle de vie des produits,
- des enquêtes menées auprès des salariés, des clients et des fournisseurs, sur leur perception des actions RSE de l’entreprise.
Comment réussir son diagnostic RSE ?
- Nommer un pilote pour le projet, interne ou externe selon l’organisation choisie.
- Réunir une équipe projet intégrant les responsables de chaque département et / ou des différentes filiales de l’entreprise. Toutes les équipes doivent se sentir impliquées !
- Réunir et agréger les données concernant la RSE sur une année complète, sans doute la partie la plus chronophage du processus.
- Réaliser des entretiens qualitatifs avec le comité de direction et des salariés sur les pratiques RSE actuelles et leur perception.
- Rédiger le diagnostic RSE, qui doit faire entre 20 et 30 pages pour rester digeste et accessible au plus grand nombre.
2. Définir des enjeux prioritaires
À partir du diagnostic réalisé, il faut désormais définir les enjeux RSE prioritaires pour l'entreprise. Pour cela, il convient de croiser les attentes des parties prenantes (clients, salariés, investisseurs, etc.) avec les impacts les plus significatifs de l'activité de l'entreprise. Cette étape permet de déterminer les domaines d'action sur lesquels l'entreprise va concentrer ses efforts pour obtenir un maximum d’impacts. Ces enjeux doivent bien sûr être validés avec le comité de direction.
Comment définir des enjeux pertinents ?
- Réaliser une cartographie qui recense les parties prenantes de l'entreprise ;
- Réunir l'équipe projet lors d’ateliers visant à identifier et hiérarchiser les enjeux prioritaires ;
- Exploiter la matière obtenue lors des consultations auprès des parties prenantes pour affiner la réflexion ;
- Établir une matrice de matérialité. Une quoi ? Cet outil permet de visualiser les enjeux de durabilité les plus pertinents pour l’entreprise et ses parties prenantes. La matrice se présente souvent sous forme d’un graphique à deux axes. L’axe vertical représente l’importance des enjeux pour les parties prenantes, tandis que l’horizontal évalue leur importance pour le modèle économique de l’entreprise.
3. Formuler ses engagements
Les engagements RSE sont les actions concrètes que l'entreprise s'engage à mettre en œuvre pour améliorer sa performance sociale et environnementale. Ces engagements doivent être :
- Concrets : Ils doivent porter sur des actions précises, et non des intentions.
- Mesurables : Il faut définir des indicateurs de performance pour suivre l'avancement des actions.
- Atteignables : Les objectifs fixés doivent être réalisables, et non utopiques vs la maturité de l’organisation. L’entreprise s’engage à le respecter et à mettre en œuvre les moyens humains et financiers nécessaires pour y parvenir.
- Réalistes : Les actions doivent être en adéquation avec les ressources de l'entreprise.
- Définis dans le temps : Chaque engagement doit être associé à un calendrier précis, et à un délai donné qui doit être respecté.
4. Mettre en œuvre la charte RSE
La mise en œuvre de la charte RSE nécessite une mobilisation de l'ensemble des services de l'entreprise. Sa réussite passe par une définition claire des rôles et responsabilités de chacun, et la mise en place des ressources nécessaires. La communication interne est également essentielle pour informer et sensibiliser les salariés aux enjeux de la RSE. Donnez-vous rendez-vous pour un bilan d’étape sur les premières actions mises en œuvre, en débutant par les plus accessibles pour amorcer une bonne dynamique.
5. Communiquer autour de la charte RSE
La mise en valeur interne et externe de votre charte RSE est indispensable. Vous suscitez ainsi de l’adhésion et démontrez votre volonté d’agir. Communiquer vous engage vis-à-vis de vos parties prenantes, et c’est tant mieux ! Voici quelques idées d’actions pour mettre en avant l’adoption de votre charte RSE :
- Réaliser une mise en page attractive de votre charte RSE ;
- Prévoir un plan de communication interne pour le lancement de la charte. Mailing, intranet, affichage, vidéo des membres de l’équipe RSE qui ont contribué à son élaboration, etc. À vous d’ajuster selon votre budget ! Cette étape est importante pour susciter l’adhésion des salariés.
- Prévoir un plan de communication externe : post sur les réseaux sociaux annonçant la formalisation de la charte RSE, news sur le site Internet, mise en ligne de la charte RSE si elle ne contient pas d’éléments confidentiels liés à votre activité, etc.
- Préparer une infographie qui résume les points essentiels de votre charte RSE, pilier par pilier. Ce document pourra être envoyé à vos parties prenantes, et permettra à vos salariés de partager facilement à leurs interlocuteurs la charte RSE.
- Planifier un événement de lancement interne afin de présenter la charte aux collaborateurs et susciter l’attention. Pour marquer le coup, cet événement peut être organisé à l’extérieur, dans un lieu inspirant et bien desservi. Vous pourrez vous appuyer sur l’expertise du prestataire pour concevoir un buffet et des animations conformes à vos engagements RSE.
5. Suivre et évaluer
Le suivi et l'évaluation de la performance RSE sont indispensables pour mesurer les progrès réalisés et ajuster les actions si nécessaire. Un système de reporting régulier permet de suivre les indicateurs de performance définis lors de la formulation des engagements.
Parmi les outils de reporting, citons le rapport RSE annuel. II présente de manière synthétique les engagements de l'entreprise, les actions mises en œuvre et les résultats obtenus. Vous ne savez pas par où commencer ? L’organisme international GRI (Global Reporting Initiative) a élaboré des lignes directrices pour la rédaction de rapports de durabilité.
À lire aussi : Le rapport RSE, nouvelle star des entreprises engagées
Chaque avancée doit être communiquée aux collaborateurs… Tout comme d’éventuels retards ou obstacles imprévus ! La transparence est clé en matière de RSE.
Charte RSE : sur quels outils et référentiels s’appuyer pour son élaboration et son suivi ?
Pour mettre en œuvre et évaluer sa démarche RSE, votre entreprise peut s'appuyer sur différents outils et référentiels. Ces derniers fournissent un cadre méthodologique solide et des indicateurs de performance pour mesurer les progrès réalisés. Il existe de très nombreux labels, certifications et normes, qui s’appliquent à certains secteurs d’activités. En s'appuyant sur ces ressources, les entreprises peuvent mesurer leur progrès, améliorer leur performance et renforcer leur crédibilité auprès de leurs parties prenantes.
Pourquoi utiliser ces normes et référentiels ?
Certaines voix critiquent la jungle des normes, des labels et des référentiels, dans laquelle il est parfois difficile de se retrouver. Toutefois, ces standards s’avèrent utiles aux entreprises pour travailler sur leur démarche RSE. Ils apportent :
- Cadre de référence : Ils fournissent un cadre méthodologique pour mettre en œuvre une démarche RSE.
- Crédibilité : Ils renforcent la crédibilité des engagements RSE de l'entreprise auprès des parties prenantes.
- Amélioration continue : Ils permettent d'identifier les points d'amélioration et de suivre les progrès réalisés.
- Réduction des risques : Ils aident à prévenir les risques liés à des pratiques non durables.
Voici une liste non exhaustive de ceux qui s’avèrent pertinents pour un maximum de secteurs.
Les normes internationales
ISO 26000
Il s'agit de la norme internationale de référence en matière de responsabilité sociale. Déjà évoquée plus haut, elle fournit des lignes directrices volontaires. Elle aide les organisations de toutes tailles et de tous secteurs à intégrer les préoccupations sociales dans leurs activités.
Global Compact
Initié par les Nations Unies, le Global Compact est un pacte mondial. Il invite les entreprises à adopter dix principes universels relatifs aux droits de l'homme, au travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption.
ISO 14001
Cette norme spécifie les exigences pour un système de management environnemental. Elle aide les organisations à maîtriser leurs impacts environnementaux.
ISO 45001
Cette norme établit les exigences pour un système de management de la santé et de la sécurité au travail. Elle vise à prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.
ISO 50001
Cette norme spécifie les exigences pour un système de management de l'énergie. Elle permet aux organisations d'améliorer leur performance énergétique.
Les labels
De nombreux labels permettent aux entreprises de valoriser leur démarche RSE et de la rendre visible auprès des parties prenantes. Parmi les plus connus et reconnus, on peut citer :
Label Lucie
Ce label français récompense les entreprises qui mettent en œuvre une démarche RSE exemplaire.
Label B CorpTM
Ce label international certifie les entreprises qui répondent à des critères sociaux et environnementaux très rigoureux. B CorpTM concerne tous les scopes de l’entreprise, et propose un référentiel mondial. Il inscrit les organisations dans une démarche d’amélioration continue. Pour renouveler sa certification tous les trois ans, l’entreprise doit montrer qu’elle a progressé sur les nombreux items mesurés par le label.
Engagé RSE
Ce label, délivré par AFNOR Certification, est un référentiel généraliste qui évalue la maturité de la démarche RSE d'une organisation. Engagé RSE est particulièrement adapté aux PME.
EcoVadis
Il ne s'agit pas d'un label, mais d'une plateforme de notation qui évalue la performance RSE des entreprises. EcoVadis les note sur des critères sociaux, environnementaux et éthiques, ce qui permet aux acheteurs de comparer les fournisseurs.
Positive Company
Ce label, délivré par Positive Planet, reconnaît les entreprises qui placent le bien-être de leurs collaborateurs et leur impact positif sur la société au cœur de leur stratégie.
L'engagement RSE, un levier de transformation et de pérennité
En conclusion, la charte RSE est un véritable outil de transformation pour les entreprises. Intégrer les enjeux sociaux et environnementaux au cœur de leur stratégie les inscrit dans une démarche de développement durable. Elles renforcent ainsi leur réputation et leur attractivité.
La RSE offre aussi une perspective à long terme. En anticipant les attentes des parties prenantes et en s'adaptant aux évolutions sociétales, les entreprises ayant une démarche RSE solide se positionnent comme des acteurs clés de la transition vers une économie plus responsable et plus équitable.
Une charte RSE est un voyage, pas une destination. Elle nécessite un engagement continu et une adaptation constante aux nouveaux enjeux. Avec les bons outils et référentiels, les entreprises peuvent mesurer leurs progrès, améliorer leurs performances et contribuer à bâtir un monde plus durable pour les générations futures.
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