Que penser des risques et avantages du télétravail ? Selon une étude parue il y a quelques jours, 98% des salariés affirment aujourd’hui vouloir poursuivre le télétravail (Dares pour la CGT). Mais pas n’importe comment. Passé l’enthousiasme, on a en effet beaucoup dénoncé les inconvénients du travail à distance. Fantasme ou réalité ? Éclairage (en demi-teinte, on l’avoue).

En juin dernier, (seulement) 19% d’entreprises affirmaient vouloir pérenniser le télétravail à hauteur de 2 jrs/semaine (ANDRH). Or fin 2019, le nombre de jours télétravaillés était de 1,6 jr/semaine (Malakoff Humanis) : on ne peut donc pas à proprement parler d’un raz-de-marée.

Force est de reconnaitre qu’après l’engouement du début de la crise, les entreprises comme les salariés ne sont pas/plus des inconditionnels. Tous aspirent désormais à un télétravail encadré, afin de pallier des inconvénients sur lesquels tout le monde s’accorde… parfois un peu vite.

L’étude « Le travail à distance dessine-t-il le futur du travail » publiée par Marie-Laure Cahier et Suzy Canivenc (éditions Presse des Mines, juin 2021) apporte quelques données bienvenues sur la réalité des risques et avantages du télétravail.

Un inconvénient majeur du télétravail : les risques psychosociaux (RPS)

On a beaucoup lu que l’épuisement psychologique ressenti par nombre d’entre nous était dû au télétravail. Toujours selon l’étude commanditée par la CGT, 45 % de salariés estiment ainsi avoir été en alerte dépressive.
Et de pointer l’absence de respect de la séparation vie /perso par l’encadrement : 2 salariés sur 3 ont été sollicités pendant leurs vacances, 78% déclarent qu’aucun droit à la déconnexion n’a été mis en place, etc.

Un constat partagé dans l’étude « Le travail à distance dessine-t-il le futur du travail ». En juin 2020, 66 % des DRH français constataient une augmentation des risques psychosociaux (ANDRH).
Mais les auteures invitent cependant à nuancer la seule responsabilité du distanciel.
Et prendre en compte aussi (surtout ?) l’angoisse causée par une crise sanitaire longue ; des contraintes sans précédent ; l’incertitude et un contexte anxiogène. Selon Malakoff Humanis, les salariés à 100 % en distanciel et à 100 % en présentiel ont en réalité témoigné d’un taux de stress et de fatigue psychologique assez proche : « 46 % des télétravailleurs se disent stressés et 48 % fatigués psychologiquement contre 48 % et 47 % des travailleurs sur site. »

👉 Ce qu’on en pense :

Isolement, perte de sens…les risques psychosociaux du télétravail sont avérés. Mais ils seraient finalement plus imputables au manque de formation des managers à ces nouvelles méthodes de travail (ajouté à un contexte très particulier), qu’au travail à distance proprement dit !
En outre, le télétravail en espace de coworking, qui propose toutes sortes de services et activités propices aux interactions peut au contraire être vu comme un moyen de prévenir les RPS.

À écouter : Les risques psychosociaux du télétravail

Une productivité accrue, l’un des risques ou avantages du télétravail ? 

D’après l’étude, les dirigeants estiment plutôt que le télétravail favorise la productivité. En cela, il ont d’ailleurs changé d’avis grâce à la crise.
Mais « les études concernant l’impact du télétravail sur la productivité sont très contradictoires, selon les facteurs auxquels elles s’intéressent […].  Au total, la four­chette de ces travaux sur la productivité allant de – 20 % à + 30 %, il paraît bien difficile de s’y fier ».

En outre, ce gain de productivité, s’il est avéré, pourrait simplement s’expliquer par l’allongement du temps de travail (surtravail) :  réduction des temps de trajets au profit de la journée de travail, sentiment de « redevabilité » du salarié qui travaille plus, absence d’horaires concertés qui prolonge les journées…

Selon l’étude, il semble finalement que soit moins le télétravail en tant que tel qui agisse sur la productivité que les organisations du travail participatives fondées sur la confiance et l’autonomie qu’il implique.

En outre, si les effets du télétravail sur la productivité restent difficiles à mesurer, un consensus se dessine sur la corrélation entre le temps passé à distance et l’efficacité des collaborateurs. En janvier 2021, une étude a ainsi révélé que « le travail optimal n’est ni à 100 % sur site, ni à 100 % à distance. La productivité décroît à partir d’un certain seuil de télétravail, variable selon les secteurs et les professions ».

👉 Ce qu’on en pense :

Le télétravail participerait finalement indirectement à réunir les conditions propices à une meilleure productivité. Un management plus agile, une liberté plus grande contribuent sans conteste à un meilleur épanouissement… un cercle vertueux en somme.
Sans oublier l’importance de choisir un lieu réellement adapté au travail. Et même, conçu pour améliorer concrètement les conditions de travail.

L’innovation : favorisée ou menacée par le télétravail ?

L’étude constate que les entreprises redoutent fréquemment que le télétravail ait un effet négatif sur les mécanismes d’innovation. On considère en effet que ces derniers reposent essentiellement sur le partage et la circulation des connaissances. Ainsi que sur les diverses interactions informelles permises par le présentiel.

Là encore, il semble difficile de se prononcer, tant les chiffres sont contradictoires, opposant efficacité du travail de routine et tâches créatives en télétravail. En juin 2020, 54% des DRH constataient une moindre créativité (ANDRH). Mais 25 % des managers estimaient à la fin de l’année qu’elle était plutôt en augmentation depuis le télétravail. 54 % des télétravailleurs affirmaient pour leur part avoir le sentiment d’une plus grande capacité d’innovation à distance. Indémêlable.

Les auteures penchent donc plutôt pour les conclusions du CIPD (Chartered Institute of Personnel and Development) « ce n’est pas tant le lieu de travail qui pose problème en matière d’innovation collective que les processus d’équipe, qui doivent être pensés pour faciliter la coordination et la communication entre leurs membres ».

👉 Ce qu’on en pense :

Qui dit télétravail dit plus grande autonomie, rupture de la routine du bureau, cadre différent… qui viennent enrichir la réflexion créative. Autant d’atouts qui confortent dans l’idée que la nature même du travail à distance peut contribuer à la créativité.
Pour ceux qui souhaitent capitaliser sur ces avantages et conserver des interactions riches qui stimulent l’innovation, pensez au coworking. L’atmosphère collaborative et le brassage de profils qui règnent dans ce type de lieux en font un lieu propice à l’inventivité.

L’impact environnemental, un des avantages incontesté du télétravail ?

L’ADEME a estimé que le télétravail permet de diminuer d’environ 30 % les impacts environnementaux associés aux trajets domicile-bureau ; permettant ainsi une amélioration notable de la qualité de l’air.

Pour autant, d’autres effets pervers se font déjà sentir :
– des trajets quotidiens certes réduits. Mais une part de salariés qui habite désormais plus loin et fait régulièrement des trajets beaucoup plus longs… une tendance qui pourrait être exponentielle,
– hausse de la consommation énergétique du lieu d’habitation (électricité, chauffage),
– croissance de la pollution numérique (4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre),
–  besoin croissants d’outils numériques et donc augmentation de la production de déchets électroniques…

Et les auteures de l’étude de conclure : « C’est pourquoi, les entreprises devront être précises et complètes lorsqu’elles ne manqueront pas de revendiquer l’effet environnemental positif du télétravail dans leurs rapports RSE ou leurs déclarations de performance extra-financière. L’écobilan du télétravail n’est pas un exercice facile à opérer… »

👉 Ce qu’on en pense :

Le télétravail au sein d’espaces de coworking permet de mutualiser les lieux, outils, la collecte et le tri des déchets, optimiser l’occupation des espaces. Ces derniers portent en eux les valeurs du collaboratif et de l’entraide qui, si elles n’impactent pas directement le bilan carbone, ont une dimension RSE bien tangible.
De surcroît, créer un partenariat avec un réseau d’espaces de coworking permet aux entreprises de proposer à leurs salariés de télétravailler dans des lieux adaptés à proximité de leur domicile, favorisant ainsi la mobilité douce et les trajets courts.

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RPS, productivité, créativité… Le télétravail présente-t-il plus de risques que d’avantages ? On voit bien que rien n’est tranché : en cause une situation planétaire extrême, un déploiement subi et sans formation préalable.  Un contexte qui aura toutefois permis d’en démocratiser l’usage et d’inviter les acteurs du monde du travail à s’interroger. Puisque nous sommes désormais conscients de ses inconvénients comme de son potentiel, il ne nous reste plus qu’à en tirer le meilleur ! 

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