Et si les confinements successifs nous avaient rendus plus vulnérables au bruit au travail ?
Selon l’étude Ifop « Bruit et santé auditive au travail » (sept. 2021), 49% des salariés français sont gênés par le bruit en milieu professionnel ! En outre le télétravail serait un facteur différenciant dans le ressenti en cas d’exposition au bruit. Un air déjà entendu : en 2020, 65% des télétravailleurs estimaient qu’un environnement sonore mal maitrisé a des effets négatifs, contre 50% pour les employés coutumiers du présentiel (ces derniers seraient donc moins sensibles).

Comment évaluer le niveau de décibels acceptable, que dit la réglementation sur l’exposition au bruit au travail ? Existe-t-il de vraies solutions pour réduire les nuisances sonores à la source ? Comment mettre en place un code de bonnes pratiques et parler de prévention sur le lieu de travail ? On fait le point .

Quand parle-t-on de bruit au travail ?

Définition du bruit

L’Association française de normalisation (AFNOR) donne la définition suivante du bruit : « toute sensation auditive désagréable ou gênante, ou tout phénomène acoustique produisant cette sensation ». On l’aura compris, cette pénibilité ressentie est hautement subjective ; les seuils de tolérance seront donc susceptibles de varier d’une personne à l’autre.

Le décibel (dB) et la fréquence (Hz) : les mesures du bruit

L’intensité et la fréquence sont les deux principales mesures pour décrire le bruit simplement.

– Pour décrire le volume sonore, parle d’intensité en décibels (dB). L’oreille humaine perçoit des sons de 0 décibel (seuil d’audibilité) à 120 décibels (seuil de douleur). Le seuil de risque, lui, est fixé à 85 décibels. C’est le bruit d’une tondeuse à gazon, d’un klaxon de voiture, d’une tronçonneuse électrique, ou encore d’une sonnerie de téléphone.
– La fréquence (en Hertz) définit la hauteur du son : aigu ou grave. Plus elle est élevée plus ce dernier est aigu. En matière d’audition, nous sommes plus sensibles aux sons médium (de 500 à 200 Hz) qu’aux graves lorsque le niveau sonore est raisonnable. Lorsqu’il est élevé, le son grave devient plus difficilement supportable. 

L’inconfort et/ou les risques de troubles auditifs surviennent en fonction de l’intensité, de la fréquence et de la durée d’exposition quotidienne.

🎵Pour apprendre à connaître votre niveau sonore de confort, vous pouvez installer un sonomètre gratuit sur votre mobile… Amusez-vous à consulter simplement les décibels ambiants de temps à autre, en particulier en agglomération (ou quand les enfants rentrent de l’école ;-). Une étude Opinionway révélait ainsi que pour 28% des Français, le bruit subit au travail impacte notre tolérance au bruit une fois rentré à la maison. Et vous ?

ECHELLE DU BRUIT

Quels sont les risques de l’exposition au bruit ?

Même en-dessous du seuil de risque fixé à 85 décibels, le bruit au travail peut générer une gêne, voire un stress, vecteur de troubles et pathologies qui nuisent à la santé des salariés :
– risques sur les organes de l’ouïe (effets auditifs) dans des cas de dépassement du seuil de risque de 85 dB. 38% de travailleurs estiment que le bruit au travail est responsable de bourdonnements d’oreille ou acouphènes. Et provoque des problèmes de surdité (33%) !
– risques sur l’organisme en général : on les appelle les effets extra-auditifs. Ils concernent le bien-être, en particulier le système nerveux central (troubles du sommeil pour 43%) ; le psychisme (lassitude et irritabilité pour 60%, stress pour 55%) ; et le système neurovégétatif (pression artérielle, irrigation sanguine, fréquence cardiaque, système digestif, métabolisme).

Il est primordial de détecter ces signes et de penser à les relier à un possible mal-être auditif. Et ainsi justifier d’actions pour l’amélioration de la protection contre les pollutions acoustiques au sein de l’entreprise.

Que dit la réglementation sur le bruit au travail

Les niveaux sonores fixés par le code du Travail 

Le bruit est reconnu comme étant responsable de maladies professionnelles depuis 1963. Parmi elles, la surdité professionnelle est l’un des risques professionnels les plus couteux à la collectivité. Mais on estime que le bruit au travail est responsable d’accidents, de stress, de dépression… : la prévention est donc prise très au sérieux.

Le niveau d’exposition sonore quotidien des salariés ne doit pas dépasser 85 décibels (L 4121-2 du code du travail). Mais on considère que « la dose de bruit » devient préoccupante à partir de 80 décibels en moyenne pendant une journée de 8 heures
Comment savoir si une situation d’exposition est potentiellement néfaste pour la santé ? Le ministère du travail recommande d’évaluer le « niveau cumulé » en tenant compte du niveau sonore reçu et de la durée d’exposition… mais aussi d’autres facteurs. On parle alors de poly exposition au bruit.

🔊Au-delà de 80 décibels, l’employeur est tenu de mener des actions concrètes, telles que :
– 80 db / 85 dB : mise à disposition de protections auditives ou autre mesure de prévention (contrôle de l’audition des collaborateurs…),
– 85 db / 87 dB : apposition d’une un signalétique et limiter l’accès au local en question,
– au delà de 87 dB : action immédiate de réduction du « niveau d’exposition ».

Quelles normes pour réduire la pollution sonore au bureau 

Les 85 décibels ne sont pas toujours atteints, ou pas de façon permanente. Mais la gêne peut survenir avant. L’Ifop réalise chaque année une étude à l’occasion de la Semaine de la santé auditive au travail. Les résultats, publiés par l’Association JNA, démontrent à quel point le bruit au travail est une nuisance, qui plus est ressentie consciemment. 

📣Au bureau, la norme AFNOR X35-102 fixe les recommandations des niveaux de bruit acceptables :
– dans des bureaux, le niveau acoustique continu doit se situer entre les valeurs de 35 dB et 55 dB,
– dans des locaux dédiés à une communication verbale plus dense, le niveau acoustique ne doit pas dépasser 50 dB hors communication,
– en open-space, l’isolement acoustique entre bureaux doit être au minimum de 40 dB et le bruit émis par un équipement ne doit pas dépasser 40 dB à une distance d’un mètre. Enfin, les émissions sonores artificielles destinées à masquer les autres sources de bruit doivent être évitées.

Bruit au travail : écouter les data

Du temps et de l’argent perdu

L’Ifop a réalisé une 1ère étude sur le sujet en 2016, à l’occasion de la première édition de la Semaine de la Santé auditive au travail. Résultat, un actif interrogé sur cinq perdrait plus de 30 minutes de travail quotidiennes à cause du bruit dans ses locaux. Une baisse de productivité imputable au détournement de l’attention (le bruit ambiant, continu ou ponctuel, agit directement sur la vigilance et la concentration des personnes).

Le coût de l’exposition aux nuisances sonores dû au bruit au travail n’est pas négligeable ! On l’estimait en 2016 à environ 3 840 euros par an et par salarié. Rapporté sur une année, ce sont 6 millions d’actifs qui perdent jusqu’à 120 heures de travail annuelles. Soit une facture estimée à 23 milliards d’euros / an (sur la base d’un coût horaire moyen estimé par l’Insee à 32 euros).

L’open space pointé du doigt

L’open space est le premier responsable du bruit en environnement professionnel.
En cause, les allées et venues, les conversations orales ou téléphoniques, les machines à café, la bouilloire, le bruit des imprimantes et autres outils (des claviers d’ordinateurs bruyants, la ventilation…) et équipements divers. Tous ces bruits sont source de déconcentration et induisent à ce titre une perte de productivité.

44% de travailleurs estiment ainsi que l’exposition aux sons parasites au bureau peuvent être à l’origine de risques de malentendus et d’incompréhension avec le management. 43% évoquent une agressivité, 41% des conflits (chiffres sept. 2021)… 

Y a-t-il des solutions contre le bruit au travail ?

32% d’actifs français prennent cet état de fait avec fatalisme, considérant qu’on ne peut pas faire grand chose contre le bruit au travail. Pourtant il est possible de prendre des mesures simples pour limiter les risques.

La mesure de prévention auditive, une responsabilité de l’employeur

Entre économies d’échelle et meilleure productivité, c’est la question éternelle de la qualité ou de la quantité. C’est bien à l’employeur de réagir, s’il souhaite voir la productivité de ses salariés s’améliorer (et avant-même cela : préserver la qualité de vie au travail).

Le ministère du Travail invite toutes les entreprises à tenir un document unique listant les actions préventives et correctives. Et ce, même dans des locaux professionnels dans lesquels il n’y a pas de bruits intenses.
Elles pourront y consigner qu’elles ont mené une ou plusieurs actions :
– évaluation du niveau de nuisances sonores au sein des bureaux
– audit du ressenti des travailleurs selon le type d’exposition au bruit et éventuelle souffrance auditive
– mise à disposition de protections individuelles
– choix de locaux professionnels pourvus d’une acoustique irréprochable
– réaménagement des locaux existants avec de meilleures séparations entre bureaux, réorganisation des open space
– élaboration d’un code de bonnes pratiques pour combattre les petits bruits à la source…
autant de mesures qui permettront ensuite de mettre en place une politique efficace de sécurité et de prévention du bruit.

✨L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail… (inrs) propose une mine d’informations et d’outils pour améliorer la sécurité auditive en milieu professionnel : techniques de réduction du bruit au travail, sensibilisation, poly exposition
Le site de la Journée nationale de l’audition (jna) fourmille lui aussi d’idées de mesures à déployer. De quoi aider l’entreprise à se mettre en conformité avec la règlementation et limites les risques d’exposition des salariés. 

Solutions pour réduire le bruit au travail : quelques mesures concrètes 

Une fois que l’entreprise a réalisé une évaluation des émissions sonores sur son lieu de travail, il est possible de faire des choix pour améliorer le confort acoustique de chacun. On peut :
– recourir aux conseils d’un space planner pour agencer différemment le bureau ou l’open space. Aménager des zones moins exposées aux sons indésirables, acquérir les bons réflexes (éloigner les équipements bruyants, choisir des machines silencieuses…),
– investir dans du mobilier contribuant à la réduction des sons parasites (plantes vertes, décoration murale, revêtements de sols, rideaux…)
– doter les salariés d’équipements de protection acoustique (casques anti-bruit, caques audio) pour leur épargner une pression sonore inconfortable. Attention toutefois, les écouteurs coupent des autres et entravent les possibilités de communication entre travailleurs…

😊Que faire si le siège de l’entreprise est définitivement bruyant et il n’est pas possible de contrôler la source du bruit. Trop densifié, locaux sonores, mal isolés phoniquement… ?
Le télétravail permet de ne pas le subir 5 jrs/5 ! On pourra alors inciter les salariés à opter plusieurs jours/semaine pour des espaces de coworking réputés pour leur calme. Ou affréter des bureaux privatifs à proximité du siège pour dispatcher les équipes.
Les espaces de travail Wojo, c’est quelque 400 adresses partout en France. Selon le lieu, ils proposent des coworkings dédiés au travail dans le calme, ou des salles de réunions et offres de bureaux privatifs à la journée pour s’isoler autant que de besoin !

Au fait, chez Wojo on ne fait pas qu’écrire !

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