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Mal-être au travail : identifier les causes pour réagir

Mis à jour le 31 mars 2026

8 min

ma-être au travail le reconnaître et y remédier
Sommaire
  • Le mal-être, une souffrance qui ne connait pas de frontière
  • Qu'est-ce que le mal-être au travail ?
  • Quelles sont les causes du mal-être au travail ?
  • Reconnaître les signes manifestes de mal-être au travail
  • Comment remédier au mal-être au travail ?
  • Le mot de la fin ?

En 2025, le malaise au travail ne disparaît pas, il change de visage. Selon une étude People at Work1, 64 % des salariés français déclarent être stressés au moins une fois par semaine, même si le stress quotidien recule (11 % contre 19 % un an plus tôt). Une amélioration en trompe-l’œil, qui ne suffit pas à inverser la tendance de fond.

Car derrière ces chiffres, le constat reste préoccupant : seuls 20 % des salariés se disent réellement épanouis dans leur travail, tandis que près d’un sur cinq se perçoit en surcharge. Alors, que recouvre exactement le mal-être au travail ? Quelles en sont les causes, professionnelles comme personnelles ? Et surtout, comment les entreprises peuvent-elles agir pour enrayer cette spirale et créer des environnements de travail plus sains et durables ? On fait le point.

En bref

  • Un mal-être largement répandu : en 2025, 64 % des salariés sont stressés chaque semaine et seuls 20 % se disent réellement épanouis au travail.

  • Des causes multiples et entremêlées : surcharge, relations dégradées, perte de sens… mais aussi facteurs personnels comme la situation financière ou familiale.

  • Un levier d’action pour l’entreprise : prévention, organisation du travail, qualité des espaces et culture managériale peuvent faire la différence.

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Le mal-être, une souffrance qui ne connait pas de frontière

À la croisée des défis organisationnels, des risques professionnels et des attentes individuelles, le mal-être au travail chronique a des répercussions sur la santé mentale et donc la vie professionnelle et personnelle des collaborateurs. Un syndrome d’épuisement psychologique aux ramification multiples, qui impacte la Qualité de vie au travail (QVT) puis la productivité, puis la santé.

Un problème très personnel, qui ne regarde pas l’entreprise ? Ce serait une erreur de le croire. 70 % de salariés affirment que leur mauvaise santé mentale nuit à leur travail, selon un baromètre mené par Malakoff Humanis2.

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Qu'est-ce que le mal-être au travail ?

Définition

Le mal-être au travail est un état de détresse ou de mécontentement lié aux conditions de travail, aux risques professionnels, au stress, et au harcèlement. Il peut affecter la qualité de vie au travail, la motivation et la productivité des employés et se solder par un brown out, voire un burn out. Pour y remédier, des mesures de prévention et l'amélioration des conditions de vie au travail sont essentielles pour favoriser le bien-être des employés.

Les chiffres du mal-être  

En 2023, 44 % des femmes et 32% des hommes ont déclaré avoir une moyenne/mauvaise santé mentale, pour des raisons d’abord liées à leur vie professionnelles, puis financières (voir plus bas).

Les femmes sont donc clairement en plus grande souffrance que les hommes. Une situation qui a conduit la Délégation au droit des femmes à tirer la sonnette d’alarme et à déclarer : « Usure physique et psychique, troubles musculosquelettiques (TMS), cancers, violences sexuelles et sexistes (VSS) : les répercussions du travail sur la santé des femmes ne sont que trop rarement prises en compte dans la sphère professionnelle. »

L’étude Malakoff révèle aussi que les jeunes sont les plus fragiles psychologiquement et se disent « en stress et éprouvés émotionnellement » au travail. Un début d'explication au fait que 47% des moins de 34 ans s’avouent désengagés au travail, selon une étude menée par Actinéo en juin 2023 ?

Les conséquences du mal-être sur le travail

Puisque 70 % des salariés estiment que leur mauvais état de santé mentale nuit à leur travail, il est difficile de nier l’enjeu que représente le mal-être et la souffrance psychologique pour les entreprises. Comment en effet attendre d’un employé qu’il donne le meilleur de lui-même alors que sa vie est pénible du fait d’insomnies (46%), de fatigue chronique (40%) ou d’anxiété (32%) ?

Sans prévention, c’est l’engrenage de la perte de productivité, l’erreur ou pire, l’accident du travail, l’absentéisme qui prennent le relais. Les entreprises ne peuvent donc plus estimer que des troubles psychosociaux relèvent de la vie personnelle et ne les concernent pas. Quelle qu’en soit l’origine, elles doivent prendre à bras le corps ce qui devient un véritable sujet de société, en comprenant les raisons du mal-être au travail, puis en essayant d’y remédier.

Quelles sont les causes du mal-être au travail ?

Malakoff nous apprend que 32% de salariés s’estiment en mauvaise santé mentale pour des raisons professionnelles, tandis que 30% attribuent leur état à des facteurs personnels. Pour 31 % d’entre eux, les causes sont à la fois professionnelles et personnelles.

Origine professionnelle

Les trois principales causes de souffrance au travail sont :

  • L’intensité et le temps de travail (62 %) ;
  • Les rapport sociaux dégradés (40%) ;
  • Les conflits de valeurs sur le lieu de travail (34 %).

Le surmenage constitue à lui seul un véritable fléau. « 45 % des salariés déclarent avoir du mal à gérer leurs priorités (+8 points) » et 46 % redoutent une surcharge de travail due au sous-effectif, ce qui peut affecter la perception de leurs compétences. Les plus touchés sont les managers (54 %), les cadres (54 %) et les moins de 30 ans (52 %).

La conséquence ? L’empiètement de leur vie professionnelle sur leur vie privée. « 30 % déclarent ainsi travailler de plus en plus souvent chez eux, en plus des horaires de travail (+7 points en 10 ans) et près de 2 salariés sur 5 consultent leurs mails en dehors du travail (+19 points en 10 ans). » Gare au burn out…

Origine personnelle

Les raisons personnelles à l’origine d’une souffrance psychologique sont de trois ordres :

  • Les contextes familiaux générateur de charge mentale pour 37 % : parents isolés, salariés s’occupant d’un proche dépendant, perte d’un proche, solitude, etc.
  • Les situations financières compliquées (33 %). Les moins de 30 ans en particulier évoquent cette dernière raison (qui peut être l’occasion de s’interroger sur son salaire) et l’isolement social comme source de mal-être. Un cocktail détonnant sur lequel les entreprises peuvent toutefois agir.
  • Les problèmes de santé physique (31%), dont les troubles musculosquelettiques susceptibles de plomber la vie quotidienne du salarié.

Reconnaître les signes manifestes de mal-être au travail

Identifier le mal-être au travail peut être délicat. Chacun est différent et souhaitera, le plus souvent, cacher sa souffrance de peur d’être jugé, de perdre sa crédibilité, voire son poste. Entrent aussi en jeu la pudeur, la fierté, la culture de l’entreprise et le sentiment de ne pas être entendu.

Les managers doivent donc être attentif à bien connaître leurs collaborateurs afin de repérer des changements comportementaux et déceler les signaux faibles d’un possible mal-être.
Les plus courants sont :

  • Baisse de la motivation et de la productivité.
  • Perte de confiance ou d’autonomie, et des doutes sur ses compétences.
  • Diminution de la qualité du travail fourni.
  • Susceptibilité ou irritabilité qui peuvent provoquer des conflits fréquents au sein de l'équipe.
  • Stress et une souffrance manifestes.
  • Posture négative, des commentaires de découragement (le fameux « à quoi bon »).
  • Retards répétés, une augmentation de l'absentéisme…  

Les employés en proie au mal-être peuvent également présenter des symptômes physiques, comme des maux de tête, de dos, des insomnies ou des problèmes de santé récurrents. Les plaintes concernant les conditions de travail, le stress ou le harcèlement doivent aussi être écoutées.

Comment remédier au mal-être au travail ?

Que le mal-être soit d’origine personnelle ou professionnelle, l’entreprise peut améliorer la santé mentale de ses employés. Ses deux armes : prévention et action !

La mise en place de services en faveur de la protection de la santé mentale est d’ailleurs réclamée. 63 % de salariés souhaitent être accompagnés lorsqu’ils traversent une situation de fragilité et 61 % aspirent à recevoir une aide psychologique ou consulter un médecin en cas de coup dur.

Comprendre les causes de la souffrance psychologique au travail

Vous avez identifié des signes manifestes de mal-être au travail ? Il faut certes les contrer, mais sans oublier d’en comprendre les origines, au risque de voir le problème se reproduire ou affecter la vie d’un nombre croissant de collaborateurs.

Ce sujet de management doit être appréhendé avec tact et discrétion :

  • À l’échelon global, une enquête anonymisée menée par les RH pourra donner des pistes. Le management est-il en cause ? Les conditions de vie au travail ? La qualité de l’espace de travail ? Le manque de sens ?
  • La collaboration avec un psychologue d'entreprise sera d’autant plus efficace que ce dernier connait la culture et les valeurs de l’entreprise, les problématiques rencontrées par les équipes, leur salaire, etc.
  • Plus direct, l’entretien individuel à cœur ouvert portera ses fruits si l’employé se sent en totale confiance,
  • Des questions indirectes à l’occasion de points individuels pourront aider à lever les tabous progressivement (« Et au fait, comment vas-tu ? Puis-je faire quelque chose pour toi ? »).

Déployer des solutions contre les troubles psychosociaux

La majorité des salariés en situation de stress ou concernés par un trouble de santé n’est pas suivie par un professionnel de santé. Seulement 16 % consultent un psychologue et 14 % un psychiatre. La première étape consiste à faciliter et encourager l’accès à un médecin ou un spécialiste du soutien psychologique.

Ensuite, on a vu plus haut que nombre de salariés sont en situation d’épuisement. L’entreprise pourra donc :

  • Se pencher sur les cadences de travail, la répartition des tâches au sein de l’organisation, les objectifs fixés et le stress qui en découle.
  • Envisager des aménagements du temps de travail, faciliter le télétravail dans des espaces de coworking à l’atmosphère chaleureuse et réduire ainsi les temps de trajets.
  • Penser à une meilleure gestion des tâches et des effectifs.
  • Promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
  • Mettre en place une communication ouverte au sein de l'entreprise pour favoriser le dialogue sur le mal-être au travail.
  • Organiser des ateliers de gestion du stress.
  • Etc.

Former ses collaborateurs et sensibiliser ses clients à la communication non violente

D’autres salariés déclarent vivre des relations sociales tendues dans leur quotidien professionnel. « 19 % de salariés déclarent subir des remarques blessantes ou agressives à l’intérieur de l’entreprise » ! Il y a là matière à promouvoir la communication bienveillante, à organiser des formations sur la gestion des conflits, et à renforcer une culture et des valeurs d'entreprise basées sur le respect mutuel.

D’autres encore évoquent des insultes de la part des clients ou du public. Là encore, des mesures sont à prendre pour protéger ses collaborateurs et leur apporter un sentiment de sécurité

Le client n’est pas toujours roi : il est essentiel de mettre en place des protocoles de sécurité pour faire face à de telles situations, inacceptables au travail. Il en va de l’image de marque de l’entreprise et de la reconnaissance qu’elle accorde à ses salariés.

Le mot de la fin ?

En résumé, le mal-être au travail gagne des parts de marché et les causes se trouvent aussi bien dans notre vie professionnelle que personnelle. Les signes en sont particulièrement visibles chez les femmes et les plus jeunes. Pour autant, l’entreprise peut changer la donne en offrant au collaborateur éprouvé une ambiance de travail bienveillante, respectueuse et stimulante, une rémunération décente pour éviter les stress financiers, un accompagnement spécifique pour ceux qui en manifestent le besoin, des liens renforcés avec les jeunes en situation d’isolement social, etc. Et vous, vous faites quoi pour adoucir la vie de vos collègues qui montrent des signes de souffrance psychologique au travail ?

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