Pour aider les entreprises et indépendants à se relever de la crise provoquée par le Covid-19, les banques se mobilisent. Facilité de caisse, solutions de paiements, prestations de conseils… Deux experts du CIC Île-de-France, partenaire de Wojo, détaillent les solutions bancaires à privilégier pour accompagner la reprise économique et soutenir la relance de l’activité.

Soucieux d’apporter un service le plus complet possible aux membres de la communauté Wojo, aux entrepreneurs et indépendants, Wojo a organisé le mardi 30 juin un webinaire avec son partenaire, le CIC. Véronique Lemoine, responsable du marché des professionnels au CIC, et Olivier Brincat, responsable du marché entreprise au CIC, ont détaillé les dispositifs sur lesquels s’appuyer afin d’accélérer la sortie de crise et accompagner la reprise économique.

Quels seront les impacts de la crise du Covid-19 ?

Grâce aux mesures prises par le gouvernement et les banques pour sauvegarder le tissu économique pendant et après le confinement, l’impact de la crise devraient rester « à un niveau acceptable de défaillance, selon Olivier Brincat. L’INSEE table sur une baisse de PIB de 11% environ, mais qui survient dans un contexte de taux très faible ce qui va favoriser le rebond sur investissement. Quant aux assureurs crédits, ils s’attendent à une hausse des défaillances d’entreprise de 10 à 15%, mais nous étions sur des niveaux très faibles avant la crise. » Il faut néanmoins que les entreprises prennent en compte dans leur prévision le V qui risque de survenir, avec des difficultés à prévoir en fin d’année 2020 et en début d’année 2021, avant une stabilisation et un vrai redémarrage.

Les aides apportées depuis le début de la crise sanitaire par les banques et l’État

En guise d’introduction, Véronique Lemoine revient sur les différentes aides accordées aux professionnels et entreprises depuis le printemps 2020. Elle évoque les reports accordés par l’URSSAF, les prêts garantis par l’État, qui ont permis d’éviter les cessations de paiement pour bon nombre d’entreprises. La BPI propose également des prêts de renforcement de trésorerie, toujours d’actualité au début de l’été. Les banques ont aussi accordé la possibilité de proroger les crédits d’investissements en cours, un report accordé gratuitement par le CIC. Un Plan de Soutien au secteur du tourisme, qui concernera environ 20 typologies d’activité, est attendu pour fin juillet. Il devrait permettre, entre autres, de reporter les mensualités de remboursement de douze mois afin de soulager la trésorerie.

Dans tous les cas, ces dispositifs restent des prêts, et les entreprises doivent d’ores et déjà réfléchir à la meilleure manière de les solder : amortissement ou remboursement ?

Les indépendants et TPE (bénéfice inférieur à 60 000 €) ont pu en sus bénéficier du fonds de solidarité débloqué par l’État, complété dans certains cas de l’aide de la région Île-de-France, qui pouvait faire grimper l’envelopper jusqu’à 5 000 euros.

Les outils pour restaurer sa trésorerie et accompagner la reprise économique

Aujourd’hui, il est essentiel d’aller de l’avant, et étudier les meilleures solutions pour redonner de l’oxygène à sa trésorerie. L’outil le plus utilisé reste le découvert bancaire, une facilité de caisse qui peut être provisoire ou définitive. Mais Véronique Lemoine rappelle qu’il existe d’autres solutions pour soulager sa trésorerie.

Financer ses ventes

Vous pouvez par exemple donner la possibilité à vos clients de vous payer en plusieurs fois. Soit en proposant le paiement en plusieurs fois dans votre commerce ou lors d’une vente à distance, ou en finançant vos ventes par du crédit-bail, aussi appelé « leasing », qui correspond à de la location longue durée avec option d’achat. Cela implique de proposer à vos clients le financement par crédit-bail des biens qu’ils vous achètent. Vous pouvez aussi proposer, via votre banque, des crédits à vos clients internationaux, afin d’aider les entreprises qui exportent à financer leurs ventes. « Cela reste toutefois une solution plutôt adaptée à des volumes importants » rappelle Olivier Brincat.

Se faire payer par vos clients

C’est un point essentiel pour restaurer votre trésorerie. Première possibilité : demander à être payé à réception de la facture afin de réduire les délais de paiement. Deuxième option : proposer à vos clients de vous régler sous forme d’abonnement afin de recouvrer rapidement votre chiffre d’affaires. Et enfin, pour faire face aux problèmes d’impayés, susceptibles de se multiplier avec les difficultés rencontrées par certaines sociétés, vous pouvez faire appel à une société spécialisée dans le recouvrement de créance. « Le CIC propose par exemple Filaction, un service gratuit tant que la créance n’est pas recouvrée, détaille Olivier Brincat. Filaction se rémunère via un pourcentage sur les sommes recouvrées. »

La caution de marché

Ce dispositif, très utile dans le BTP, permet de garantir les obligations des entreprises dans le cadre de l’adjudication de marchés publics. La caution de marché permet notamment aux entreprises d’éviter les retenues de garantie sur leurs factures et de récupérer leurs acomptes. Elles optimisent ainsi leur trésorerie tout en apportant le financement nécessaire au démarrage de la production ou des travaux.

Sécuriser les ventes

« On s’attend tout de même à un risque des clients de nos clients, souligne Véronique Lemoine, notamment dans la partie B2B. Cela nécessite d’être prudent dans les prochains mois, avec trois niveaux de sécurisation possibles. »

Niveau basique : prendre des informations sur vos clients, avec des solutions d’interrogation de cotations.

Niveau intermédiaire : souscrire une assurance-crédit pour vos en-cours sur vos clients.

Niveau maximum : souscrire une offre globale d’affacturage, qui permet de disposer de garanties de paiement, mais aussi de la gestion de vos factures et de leur financement. 

Les solutions bancaires pour accompagner le redéploiement de l’activité et la reprise économique

Accompagner la reprise économique nécessite de financer les investissements corporels (machines, véhicules, immobiliers, etc.) mais aussi le financement de l’incorporel, notamment l’innovation et la R&D. « Certains établissements, comme le CIC, sont volontaires pour accompagner les start up et entreprises dans leurs investissements. Nous avons une gamme complète sur l’innovation et la transition, qu’elles soient digitales ou RSE » explique Olivier Brincat.

« On s’attend aussi à une concentration sur certains secteurs, complète Véronique Lemoine, avec des entreprises qui vont en racheter d’autres. Nous avons des solutions pour les accompagner dans cette croissance externe. »

À l’international, le CIC propose aussi un service d’accompagnement de leurs clients qui vont chercher de nouveaux marchés dans les zones qui redémarrent plus vite que d’autres. « Nous utilisons notre réseau international pour le compte de nos clients, et notamment les PME, pour les accompagner dans une démarche d’export, mais aussi de sourcing d’aides publiques et de financements à l’international, explique Olivier Brincat. L’offre s’adapte aux besoins des entreprises pour optimiser les moyens alloués à cette démarche. »

Faciliter les ventes, et notamment les ventes à distance

Cette période de crise a changé bien des habitudes, tant dans le travail que dans les modes de consommation. Si certaines entreprises avaient été équipées d’outils de vente à distance en amont, elles auraient pu préserver un minimum d’activité plutôt que de la stopper. Facturer, encaisser… sont devenues des opérations compliquées à réaliser pendant la crise sanitaire. La dématérialisation qui permet un gain de temps et d’argent a désormais pris le pas, et la règlementation devrait suivre prochainement.

Développer la vente en ligne

Il est aujourd’hui facile de disposer d’une e-boutique ou d’un site marchand. La e-boutique, très simple, permet de vendre quelques objets phare ou un abonnement. Un site marchand sera plus complexe à développer, mais met tout votre catalogue à disposition des acheteurs. Pour permettre ces ventes à distance, l’entreprise a besoin de techniques d’encaissement qui peuvent être désolidarisées de leur e-boutique ou site marchand.

Avec le paiement à distance

  • Le TPE (Terminal de paiement électronique) virtuel, qui permet de conclure des ventes par un procédé 100% dématérialisé.
  • Le TPE de proximité intégrant un système de vente à distance (VAD), permettant de vendre et encaisser par téléphone en rentrant vous-même les chiffres de la carte bancaire du client. Anticiper cette solution vous aidera à accélérer la reprise économique, et permet de poursuivre l’activité en cas de fermeture inattendue ou prolongée de votre établissement de vente. 
  • Le TPE Mobile : cette solution ne nécessite ni e-boutique ni site marchand. Le paiement se fait par l’intermédiaire d’un mobile et d’un boîtier dans lequel votre client insère sa carte bancaire. Elle est adaptée pour de nombreux secteurs d’activités, comme les foires, marchés, mais aussi les prestations de beauté à domicile, les ventes éphémères, etc.
  • Paiement par URL : cette solution s’adresse aux professionnels ne possédant pas de e-boutique ou de site marchand. Votre client reçoit un lien et n’a plus qu’à payer en cliquant dessus. Elle a par exemple été utilisée pendant le confinement par des agriculteurs ayant confectionné des paniers de produits. Ils envoyaient l’URL de paiement aux personnes intéressées, qui payaient à distance et n’avaient plus qu’à venir retirer leur achat.

Ou le paiement en plusieurs fois

  • Si vous disposez d’une e-boutique ou d’un site internet, vous pouvez intégrer le paiement en trois ou quatre fois sans frais afin de relancer vos ventes. Selon la typologie de produits ou services vendus, vous pouvez compléter par une offre de crédit en 5, 10 ou 20 fois, qui nécessite toutefois un processus plus complexe puisqu’il s’agit alors d’une vente à crédit.

Préserver le principal actif de l’entreprise dans la reprise économique : l’humain

À l’heure de ce redémarrage business, différentes stratégies d’ingénierie sociale peuvent être mises en œuvre. Les deux experts du CIC en distinguent quatre.

Stratégie de développement et de croissance

L’entreprise mobilise ses équipes autour d’un programme de croissance, grâce à l’intéressement ou l’actionnariat salarié. Les collaborateurs sont ainsi impliqués autour de cet objectif. Dans le cas d’une croissance externe, après un rachat d’entreprise, le partage de la richesse par l’intéressement est intéressant pour mobiliser l’ancienne et / ou la nouvelle équipe autour d’un projet commun. Des plans d’épargne retraite contribuent aussi à stabiliser et fidéliser les équipes.

Stratégie de réduction des coûts

En cas de contraction des ventes, les entreprises peuvent décider de réduire le personnel. Face à la charge de travail qui reste inchangée voire augmente pour les salariés toujours en poste, des solutions d’intéressement permettent de les impliquer dans cette période. Il est aussi possible de réduire les coûts administratifs par le biais de la dématérialisation, comme celle des tickets restaurants par exemple.

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Modification des habitudes de travail

Certaines entreprises tablent sur des solutions d’ingénierie sociale pour fidéliser et mobiliser leurs talents, comme la mise en place concertée du télétravail, des offres de mobilité interne ou géographique. Des contrats d’intéressements, des tickets restaurants dématérialisés, ou des fonds spécifiques RSE pour accueillir l’épargne des salariés contribuent aussi à cette volonté de réorganisation dans une période de reprise économique.

Sécuriser le personnel

Dans une période d’incertitude, il est essentiel d’apporter de la réassurance à ses collaborateurs. Des solutions d’épargne retraite, d’intéressement, un contrat intéressant de mutuelle et de prévoyance vont permettre de sécuriser et rassurer l’ensemble des collaborateurs.

En bref…

Pour accompagner la relance de votre activité, appuyez-vous sur :

  • Les aides gouvernementales et les facilités bancaires à votre disposition.
  • Des outils qui sécurisent vos ventes et qui redonnent de l’oxygène à votre trésorerie.
  • Des solutions de paiements dématérialisées qui assurent la poursuite de l’activité.
  • Des stratégies d’ingénierie sociale qui préserve le principal capital de votre entreprise : l’humain.

Véronique Lemoine conclut ainsi : « Votre banque ne peut pas créer du chiffre d’affaires à votre place, mais elle a de nombreuses solutions à vous proposer pour vous aider à accélérer votre reprise économique. N’hésitez pas à vous rapprocher d’elle pour évoquer vos problématiques et réfléchir ensemble à des solutions adaptées à vos besoins. »

Merci au CIC Île-de-France, partenaire de Wojo. Plus d’informations ici sur les offres destinées aux entreprises et aux indépendants.

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