Partager ses bureaux permet-il réellement de réduire son empreinte carbone ? Le coworking dispose de plusieurs atouts : des mètres carrés mieux utilisés, des espaces et des équipements mutualisés et la possibilité, dans certains cas, de travailler plus près de chez soi. Mais tous les espaces de coworking ne se valent pas. Comment s’y retrouver ?
En bref
- Moins de mètres carrés sous-utilisés : le coworking permet d’optimiser l’occupation des bureaux et de mutualiser les espaces et équipements entre plusieurs entreprises.
- Moins de déplacements, moins d’émissions : travailler dans un espace de coworking proche de chez soi réduit les trajets domicile-travail et leur impact carbone.
- Le bilan environnemental dépend aussi du bâtiment : performance énergétique, choix des matériaux, réemploi du mobilier et gestion des espaces sont déterminants pour qu’un coworking soit plus écologique.
Le bureau a un coût environnemental dont on n’a pas forcément conscience. Au-delà des nombreux impacts liés à la construction du bâtiment, il faut le chauffer, le climatiser, l’éclairer, l’équiper et l’aménager. Il faut aussi s’y rendre. Et lorsqu’une partie des postes reste vide plusieurs jours par semaine, certains de ces impacts demeurent alors même que les locaux sont peu occupés. Les chiffres donnent une idée de l’enjeu. En France, la consommation d’énergie finale des bâtiments tertiaires, corrigée des variations climatiques, atteint 233 TWh pour l’année 2025, soit 15 % de la consommation nationale, selon les données de l’ADEME1. Ça fait beaucoup, on est d’accord.
Dans ce contexte, le coworking peut contribuer à réduire l’empreinte carbone liée au travail… si le bâtiment et son modèle d’exploitation sont conçus pour être performants sur le plan écologique. Cette organisation du travail permet en effet d’agir sur plusieurs postes :
- L’utilisation des surfaces ;
- Les consommations énergétiques pour chauffer ou refroidir les espaces ;
- Les consommations de fluides ;
- Les équipements et les déplacements domicile-travail.
Empreinte carbone des bureaux : où sont les émissions ?
Pour comprendre comment le coworking peut réduire les impacts environnementaux, commençons par regarder ce qui pèse dans l’empreinte carbone d’un bureau.
Zoom sur le GHG Protocol
Le GHG Protocol, référentiel international de comptabilité carbone, distingue les émissions selon leur origine :
- Scope 1 : les émissions directes provenant de sources détenues ou contrôlées par l’entreprise, comme une chaudière au gaz ou une fuite de fluide frigorigène.
- Scope 2 : les émissions indirectes associées à la production de l’électricité, de la chaleur, de la vapeur ou du froid achetés et consommés.
- Scope 3 : les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur, comme celles liées aux achats et aux déplacements domicile-travail.
Lorsqu’on loue des bureaux, cette répartition dépend du contrat et du périmètre organisationnel retenu. L’énergie consommée dans un espace partagé ne relève pas automatiquement du même scope pour l’opérateur et pour l’entreprise cliente. Pour évaluer l’empreinte carbone de ses locaux, il faut ainsi examiner plusieurs postes complémentaires, qui vont au-delà de la facture d’électricité :
| Poste d’émission carbone lié au bureau | Scope concerné selon la situation | Sur quoi le coworking se différencie-t-il ? |
|---|---|---|
| Chauffage, climatisation, énergie | Scopes 1 et/ou 2, parfois 3 selon le statut d’occupation et le périmètre retenu | Performance énergétique et mutualisation des surfaces |
| Construction, aménagement, mobilier et équipements | Scope 3 selon le périmètre retenu | Mutualisation, réemploi et meilleure utilisation des équipements |
| Déplacements domicile-travail | Scope 3 | Possibilité de travailler dans un espace plus proche du domicile |
| Déchets et services associés au bureau | Scope 3 | Mutualisation des services et politique de gestion des déchets |
L’exploitation mérite une attention particulière. Dans le tertiaire français, l’ADEME souligne que le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la cuisson représentent 75 % des émissions directes de gaz à effet de serre en 20252. Un chiffre qui ne décrit ni les seuls bureaux ni leur empreinte carbone complète. Tout ceci invite à se poser cette question : avant de chercher à consommer moins d’énergie par mètre carré, ne faut-il pas commencer par mieux utiliser les mètres carrés dont on dispose ?
Comment mieux utiliser les mètres carrés pour réduire l’impact des bureaux ?
Avec le travail hybride, les présences varient au fil de la semaine. Dimensionner les bureaux uniquement pour les journées les plus fréquentées conduit à conserver des surfaces régulièrement sous-utilisées. Or, un mètre carré vide conserve un impact. Il a fallu le construire et l’aménager ; à moins d’une gestion au poste de travail, difficile à mettre en œuvre sur le plan logistique, il faut continuer à le chauffer, le ventiler, l’éclairer, le nettoyer… Qu’il soit occupé ou pas.
Le coworking permet de partager les salles de réunion, les espaces de convivialité et les équipements entre plusieurs entreprises. Il facilite aussi l’ajustement des postes loués aux besoins réels. Son intérêt environnemental est d’autant plus solide lorsque cette organisation permet de réduire les surfaces mobilisées ou d’éviter des aménagements supplémentaires.
Pourquoi mutualiser les espaces et les équipements plutôt que les multiplier ?
Mutualiser les équipements pour décarboner
Dans un espace de coworking, une salle de réunion équipée, une imprimante ou un espace de restauration servent à de nombreux utilisateurs. Mutualiser permet d’augmenter l’usage d’équipements déjà disponibles plutôt que d’en multiplier le nombre. Pour autant, difficile de convertir cette mutualisation en kilos de CO₂ économisés par salarié. Le résultat précis dépend du type d’équipements, de leur durée de vie, de leur taux d’utilisation ou encore de ce que l’entreprise aurait acheté si elle avait disposé de ses propres locaux.
Veiller aussi au mobilier et aux aménagements
Quand on choisit des bureaux, d’autres critères doivent aussi être vérifiés :
- Origine et durée de vie du mobilier ;
- Types de peintures, matériaux et colles utilisés pour son aménagement ;
- Recours au réemploi ;
- Réparabilité des équipements ;
- Gestion des déchets
- Types de produits utilisés pour l’entretien du bâtiment ;
- Certifications environnementales du bâtiment ;
- Etc.
L’aménagement compte aussi beaucoup. Le projet « Bureaux de demain », présenté par l’ADEME, s’intéresse au réemploi et à la réutilisation dans les travaux de bureaux lors des changements de locataire. Autant d’éléments qui permettent de distinguer si la mutualisation des espaces s’appuie bien sur une gestion sobre et plus responsable.
Les actions de Wojo pour réduire son empreinte carbone
Chez Wojo, nous travaillons à réduire notre empreinte carbone et celle de nos membres via différentes actions. Le mobilier proposé dans nos bureaux privatifs est fabriqué en Italie, à partir de matériaux recyclés, et bénéficie d’une longue garantie afin de prolonger au maximum sa durée de vie. Pour réduire l’impact du réaménagement de nos espaces entre deux locataires, nos cloisons sont composées de 20 à 30 % de matériaux recyclés, sans colle ni plâtre pour favoriser leur déplacement et leur réutilisation sur plusieurs décennies. Si la disposition de nos bureaux doit évoluer pour répondre aux besoins de nos clients, nous pouvons déplacer ces cloisons sans les détruire ni devoir en commander de nouvelles. Notre équipe s’appuie aussi sur un guide qui introduit l’éco-conception dans la manière d’aménager nos espaces, et nous choisissons des matériaux labellisés (bois, textile, peinture).
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Rapprocher le bureau du domicile pour limiter certains déplacements
Pour évaluer l’effet du coworking sur l’empreinte carbone du travail, les déplacements domicile-travail constituent un autre poste à examiner. La voiture reste le mode de transport le plus utilisé pour se rendre au travail, selon les chiffres publiés en juillet 2026 par le ministère de la Transition écologique3. Les mobilités douces progressent néanmoins : la part du vélo dans les déplacements domicile-travail a plus que doublé depuis 2015.
Toutefois, les distances domicile-travail varient considérablement selon les territoires et les lieux de résidence. Pour les entreprises dont les collaborateurs sont géographiquement dispersés, disposer d'espaces de coworking proches de leur domicile constitue un levier intéressant pour limiter les trajets pendulaires quotidiens et leurs émissions de carbone associées.
L’intérêt d’un réseau d’espaces pour réduire les trajets pendulaires
Chez Wojo, grâce à nos partenaires du réseau IWG, nos membres disposent de centaines d’espaces accessibles gratuitement sur présentation de leur carte Wojo. L’entreprise qui souhaite encourager le travail hybride mais tient à proposer des conditions de travail ergonomiques, préserver la QVCT et une frontière claire entre vie professionnelle et vie personnelle peut ainsi leur proposer de travailler certains jours depuis un bureau proche de chez eux. Plutôt que de leur demander de rejoindre un siège central, elle combine plusieurs lieux de travail en fonction des besoins. Les collaborateurs viennent ainsi plus facilement à pied, à vélo, en trottinette ou en transport en commun, plutôt qu’en voiture.
Chez Wojo, nous encourageons la mobilité douce avec des parkings à vélo et trottinettes disponibles dans tous nos flagships, qui sont par ailleurs toujours situés à proximité des transports en commun.
Quid du travail à domicile pour réduire l’empreinte carbone ?
On pourrait objecter qu’en matière de déplacements, rester chez soi est encore le mieux puisque les collaborateurs n’ont aucun trajet à faire. Pas faux, si l’on considère ce seul poste. Mais comparer l’empreinte environnementale des différentes organisations du travail suppose de regarder l’ensemble du système :
- Déplacements ;
- Surfaces immobilières conservées par l’entreprise,
- Énergie consommée au domicile et au bureau ;
- Équipements supplémentaires nécessaires au domicile des salariés ;
- Etc.
Les travaux de l’ADEME4 montrent que ces éléments atténuent les bénéfices environnementaux du télétravail, avec les consommations énergétiques au domicile et les déplacements supplémentaires. L’organisme pointe aussi du doigt les équipements informatiques comme un risque potentiel à approfondir
L’organisation des bureaux compte également. Les économies d’énergie diffèrent fortement selon que le télétravail s’accompagne ou non de leur fermeture5. Pour comparer travail à domicile et coworking, il faut donc examiner les trajets vraiment remplacés, les consommations de chaque lieu et les surfaces conservées par l’entreprise.
Pour réduire l’empreinte carbone du travail hybride, l’enjeu est finalement moins de choisir un lieu unique que d’éviter les doublons : des mètres carrés chauffés mais vides, des équipements multipliés sans nécessité ou des kilomètres parcourus alors qu’un lieu adapté existe plus près.
Coworking et empreinte carbone : partager ses bureaux, oui, mais pas dans n’importe quelles conditions
Mieux utiliser les mètres carrés, mutualiser les équipements, limiter les déplacements domicile-travail : le coworking offre de sérieux atouts pour réduire l’empreinte carbone liée au travail. Mais partager des bureaux ne suffit pas à garantir un meilleur bilan environnemental.
La différence se joue aussi dans la manière dont les espaces sont conçus, aménagés et exploités au quotidien. Performance énergétique des bâtiments, choix des matériaux, réemploi du mobilier, accessibilité en transports en commun… Voici autant de critères à examiner avant de choisir son espace de travail.
Chez Wojo, nous sommes convaincus qu'il est possible de conjuguer qualité de vie au travail, flexibilité et sobriété environnementale. Et nous agissons pour que nos espaces de coworking contribuent concrètement à cette ambition.