76% des Français éprouvent de l’ennui au travail, au point d’être prêts à revoir leur salaire à la baisse pour renverser cette situation. Une situation d’autant plus préoccupante que les chiffres ne font que croître depuis des années.
Un syndrome qui va de pair avec une perte de sens, d’estime de soi et des envies de démission de moins en moins dissimulées chez les jeunes cadres. Alors, qu’est-ce qui fait bayer aux corneilles les salariés ? Comment repérer les symptômes et agir avant que le bore out ne s’installe ? Voici nos conseils.

Employeurs, accrochez vos ceintures, ces chiffres sur le bore out peuvent heurter votre sensibilité. Selon une étude annuelle menée par l’agence d’intérim QAPA sur le moral des Français en entreprise, 76% d’entre eux (et donc potentiellement certains de vos collaborateurs) s’ennuient ferme au travail. Et 78% estiment que leurs collègues sont eux aussi victimes de l’ennui.
Cela ne vous a pas sauté aux yeux ? Normal, ils sont encore 79% à vous cacher leur manque d’intérêt pour leur job.

Le Bore out, un mal professionnel qui va croissant

George Bernanos écrivait dans son Journal d’un curé de campagne que « le monde est dévoré par l’ennui ». Il ne pensait pas si bien dire à propos du monde de l’entreprise. Le nombre de collaborateurs qui s’ennuient au travail a gagné 13 points en quatre ans ! Voyez plutôt l’évolution depuis 2019 :

 201920222023
J’ai un travail ennuyeux63%71%76%
Je dissimule mon ennui au travail90%91%79%
J’ose en parler à mon chef61%55%68%
Je préfère ne pas m’ennuyer au travail et avoir un salaire plus bas54%4956%
Source QAPA, mars 2023.

Ce qu’il n’imaginait pas en revanche, c’est que presque la moitié des employés français prétend occuper un poste passionnant (ah, le personal branding, quelle affaire), tout en osant, pour 68%, déclarer à leur boss (vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas) que l’ennui les gagne au quotidien.

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Alors certes, on pourra objecter que « c’est la vie, le monde professionnel ne peut pas toujours être une source de plaisir ou d’épanouissement ». Pourtant l’ennui au travail mériterait presque d’être inscrit au tableau des risques psychosociaux :
– 63 % de salariés « ne vivent pas bien du tout » cet ennui quotidien. Une situation d’épuisement émotionnel, finalement qui risque de se transformer en stress chronique.
44 % en arrivent à estimer leur métier inutile, ce qui peut occasionner un certain cynisme, une tendance à se mettre en arrêt de travail et des postures néfastes pour l’entreprise.
– 56 % sont prêts à voir leur salaire diminuer en échange d’un travail qui les ennuie moins. Autant dire que lorsqu’une telle envie de changement de carrière se fait sentir, c’est en raison d’une souffrance psychologique intense.

Qu’est-ce que l’ennui au bureau ?

Le Robert qualifie l’ennui comme une « impression de vide, de lassitude causée par le désœuvrement, par une occupation monotone ou sans intérêt ».
Il est commun de dire qu’il est un mal nécessaire, propice à l’imagination et la connaissance de soi. Mais c’est parce qu’on le limite (à tort, à notre avis) au désœuvrement qui, lui, est en effet salutaire.
On aurait plutôt envie de dire que l’ennui au travail, c’est « une absence d’intérêt pour les tâches à accomplir, une déconnexion avec le monde de l’entreprise, accompagné d’une sourde envie d’être ailleurs / de faire autre chose ».

Même si cela ne finit pas nécessairement par une dépression ou une reconversion professionnelle, s’ennuyer dans son emploi n’est jamais bon signe, n’en déplaisent aux oiseaux rares qui font avec. En effet, 5% de salariés déclarent « très bien vivre » ce manque d’intérêt pour leur mission.

Pour tous les autres, il est urgent de crier « Au Feu » ! Car l’ennui au travail n’est nullement facteur de créativité, mais le début d’une perte de sens, démotivation, perte de confiance et finalement d’estime de soi.
Une spirale mentale qui explique qu’il soit difficile à certains d’assumer ce mal-être (voir plus haut) et qui peut mener progressivement à l’épuisement professionnel (eh oui), au bore out et, in fine, à la dépression.

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Alors, ami employeur, manager ou RH, comment éviter qu’une période d’ennui au bureau due à une baisse d’activité conjoncturelle débouche sur une souffrance psychologique et un bouleversement de carrière ?

Une première étape sera d’en reconnaître les symptômes, puis d’en comprendre les causes et conséquences afin de déterminer quel levier activer pour combattre efficacement ce syndrome. Voici quelques conseils.

Pourquoi s’ennuie-t-on au travail ?

Les raisons de sombrer dans l’ennui au travail sont nombreuses. Voici les principales causes, avant d’évoquer les solutions susceptibles de réconcilier vos collaborateurs avec leur emploi.

Une charge de travail insuffisante : un effet culpabilisant

La vie en entreprise n’est pas lisse et les périodes de creux sont naturelles. Mais quelle personne parvient à s’épanouir et trouver du sens à sa vie professionnelle en commençant ses journées sans avoir à rien faire ?
On finit fatalement par éprouver un mal être psychique. Loin d’être reposante, cette oisiveté forcée génère en réalité un stress qui pourra mener à un état d’épuisement psychologique si elle dure trop.
Cerise sur le gâteau, ce stress sera accru si les collègues de bureau, eux, sont débordés, créant ainsi une sensation d’inutilité et d’exclusion.

Le manque d’intérêt pour les tâches à accomplir : l’ennui par désengagement

44 % de collaborateurs jugent leur travail sans intérêt, contre 29% en 2019 (QAPA, 2023). Une prévalence qui augmente encore chez les moins de 34 ans : ils sont 47% à trouver leur job inutile. Une perte de sens inquiétante, qui les conduit, de leur propre aveu à en faire le moins possible au bureau (Baromètre Actinéo 2023). Les raisons de ce bore out ?
– Un manque de sens ou de vision dû à une culture d’entreprise inexistante,
– Un manque de complexité /de challenge dans les tâches, au regard des capacités de la personne.
Source incontestable de souffrance psychologique, cette situation conduit peu à peu au quiet quitting, et tôt ou tard à un changement de carrière (nouvel emploi ou reconversion professionnelle).

La monotonie des missions : l’ennui de la routine

La routine, des journées qui se ressemblent toutes, l’absence de nouvelles missions, des compétences variées mais jamais sollicitées, peuvent elles aussi venir à bout des plus résistants au bore out.
Pour peu que le lieu de travail soit peu engageant, les équipes silotées, coupant toute possibilité de stimulation… L’accomplissement professionnel devient impossible, et le risque de glisser vers le brown out, réel.

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Le manque de reconnaissance : l’ennui de ne pas exister

Certains types de tâches répétitives ou missions de longue haleine peuvent donner le sentiment de travailler « à vide » et provoquer des journées de travail interminables. Sans reconnaissance ni encouragement envers l’activité déployée, la persévérance s’efface parfois au profit du doute et du bore out.

Le micro-management : l’effet de l’hyper contrôle

Un management étouffant, la rigidité des horaires, produire des reportings à tout va au lieu de faire son job, sont le terreau fertile d’une souffrance psychologique de fond. Trop de contrôle génère une surcharge de travail sans aucun sens pour les employés, qui à son tour provoque du stress et parfois un burn out.

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Les symptômes de l’ennui au travail

Mais alors comment venir à bout d’une situation dans laquelle les employés avouent s’ennuyer mais ne souhaitent pas en parler ? Les symptômes sont sensiblement les mêmes que ceux des bore out, brown out et autres burn out.

Tous sont le signe d’un mal-être professionnel dont l’évolution est à surveiller avant que cela ne débouche sur des vrais problèmes de santé psychologique qui peuvent coûter cher à l’entreprise :
– Désengagement : absence de curiosité, étourderie, tâches bâclées, retards répétés, perte de motivation, etc.
– Repli sur soi : ne plus faire de pauses entre collègues, perte de confiance, d’estime de soi, etc.
– Changement d’humeur : irritabilité, ou au contraire attitude exagérément expansive.
– Négativité : manque d’implication dans les projets, critiques fréquentes.
– Symptômes physiques : épuisement, tristesse, laisser-aller, etc.

Autant de symptômes qui se manifestent à différents degrés selon la personne, ses valeurs, votre culture d’entreprise, etc. Mais bonne nouvelle, quelles que soient les missions et les tâches à accomplir, le bore out n’est pas une fatalité. Voici quelques conseils et pistes à méditer pour préserver la motivation de vos talents.

Employeur, DRH : cinq conseils pour lutter contre l’ennui au travail

Vous redoutez une vague d’arrêts de travail ou de demandes de reconversion « pour bore out » ? Il est temps de réagir pour remotiver vos collaborateurs et au passage réaffirmer les valeurs de votre entreprise. Effet garanti !

Donner de l’autonomie et de la confiance

Quoi de mieux pour se sentir exister en tant que personne que de prendre ses propres décisions ? Acceptez de lâcher la bride à votre salarié, et placez-les dans une situation dans laquelle il est libre d’emprunter de nouvelles voies et organiser sa journée. Il réussit ? Bravo, vous n’auriez peut-être pas pensé au mode opératoire qu’il a proposé. Il échoue ? Relisez notre article sur les bienfaits de l’échec (cela vous détendra).

Dire halte à la réunionnite

Un cadre français passe en moyenne six semaines par an en réunion (plus que ses vacances !), mais seulement 52% de ces réunions sont jugées productives. On mesure alors surcharge de travail inutile et la lassitude occasionnées. Sensibilisez vos salariés sur les effets délétères des réunions superflues et proposez une formation sur les réunions efficaces !

À lire aussi : En finir avec la réunionite

Miser sur la formation et la mobilité de vos collaborateurs

Personne n’aime faire et refaire indéfiniment les mêmes tâches. Stimulez la motivation de vos salariés en leur proposant de nouvelles missions et en encourageant le changement de poste en interne.
Accompagnez-les en renforçant leurs compétences via des programmes de formation personnalisés qui leur permettront d’explorer de nouveaux champs d’intérêt et d’action. Donnez-leur des perspectives d’évolution de carrière tout en développant vos compétences internes. Une logique gagnant-gagnant qui réveillera l’intérêt de vos talents, les fidéliser et fera une belle publicité pour les valeurs de votre entreprise.

Offrir de la flexibilité à vos salariés

Interrogés sur l’organisation la plus favorable à leur qualité de vie au travail ou leur santé psychologique (Baromètre Actineo 2023), 2/3 des talents de 18-44 ans aimeraient gérer l’organisation de leur semaine de travail en toute liberté, sans horaire fixe, ou de différence entre la semaine et le week-end (55% tous âges confondus) ! 
Et 66% aimeraient disposer de la liberté totale de choisir d’où ils travaillent.

On imagine alors l’ennui généré par un poste et des horaires fixes pour ces profils épris de liberté professionnelle. Pour parer à cela, le télétravail et des horaires assouplis permettront aux équipes de s’épanouir dans leur poste.

Et pour avoir l’assurance de conditions de travail propices à la productivité sans risque de sombrer dans le bore out, offrez à vos équipes des places postes de travail dans un espace de coworking proche de chez eux

Miser sur un cadre de travail stimulant pour vos équipes

En réponse aux nouvelles attentes des salariés comme de leurs employeurs, les espaces de coworking rivalisent de créativité pour proposer toutes sortes de services attractifs et stimulants. Conférences, afterworks thématiques, salles de sport, dégustations ou soirées créent de l’engagement, développent les compétences… et endiguent la perte de sens que certains peuvent éprouver.

Vous doutez ? Ces bienfaits ont été chiffrés par l’institut Asterès en automne 2023 : travailler en coworking améliore de 16 % la productivité de ses usagers, ce qui équivaut à un gain de 11 000 €/an/coworker.  

Vous voici pourvu de quelques clefs et conseils pour faire mentir les statistiques sur l’ennui au travail et ôter l’envie de bâiller à vos équipes. Quelle que soit la cause présumée de la perte de sens de votre salarié, engagez le dialogue avant que cela devienne un sujet de santé.

Au fait, chez Wojo on ne fait pas qu’écrire !

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